Ce carrefour au coeur de Manhattan, connu dans le monde entier pour ses panneaux numériques publicitaires géants au-dessus des music-halls de Broadway, s'était paré des couleurs jaune et bleu de l'Ukraine arborées par des manifestants de tous âges. Ils ont brandi pendant quelques heures des pancartes exigeant "la fin de la guerre", "une zone d'exclusion aérienne" ou exhortant à "stopper Poutine", le président russe comparé sur des photos-montages à Hitler.

Le rassemblement, statique, a rempli facilement toute la superficie de Times Square qui s'étend sur plusieurs blocs d'immeubles le long des célébrissimes Broadway et Septième avenue.

En larmes, Tatiana Dyakun, Ukrainienne de 38 ans qui dit vivre aux Etats-Unis depuis six ans, qualifie l'invasion de son pays par les forces armées russes de "crime" et de "terrorisme". "Nous appelons à l'aide (...) N'attendez-pas!", implore-t-elle auprès de l'AFP tout en se disant reconnaissante pour "l'énorme soutien" de pays occidentaux.

L'Europe et l'Amérique doivent-elles intervenir en Ukraine ? "Oui", répond-elle aussitôt. Même au risque d'une guerre mondiale ? "Cela va de toute façon arriver, demain ou après-demain", pense-t-elle.

Nombre de slogans à New York répondaient aux déclarations du président Vladimir Poutine selon qui tout pays tentant d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine serait considéré comme cobelligérant. Cette revendication de Kiev a été rejetée par l'Otan et par le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, car cela signifierait "combattre activement" les forces russes.

Plus d'un million d'Américains d'origine ukrainienne et d'Ukrainiens vivent aux Etats-Unis, la plupart en Pennsylvanie, à New York et à Chicago, selon le recensement de 2019.