Le Premier ministre français Manuel Valls a reconnu avoir fait "une bourde" en se rendant à Berlin dans un avion de la République française avec deux de ses enfants pour la finale de la Ligue des Champions de football, dans des déclarations à l'hebdomadaire Le Journal du Dimanche.

" C'est une leçon à retenir. Ce fut une erreur, une bourde. J'ai pu donner l'impression aux Français que je ne me consacrais pas entièrement à eux. Je le regrette", affirme au JDD Manuel Valls, à qui le président François Hollande a renouvelé dimanche "toute (sa) confiance".

"Manuel Valls mène un travail particulièrement difficile au service des Français. Il le fait avec énergie et efficacité. Il ne ménage pas sa peine à la tête du gouvernement. C'est un bon Premier Ministre. Il a toute ma confiance", a déclaré le chef de l'Etat français, réagissant pour la première fois à cette polémique dans une interview au quotidien régional Sud-Ouest.

"Cette polémique est désormais close. Il a lui-même dit ce qu'il fallait. Il n'y a rien à ajouter", a-t-il ajouté.

Le mea-culpa de Manuel Valls intervient alors que deux Français sur trois considèrent que le voyage de M. Valls à Berlin dans un avion de la République pour assister le 6 juin au match entre le FC Barcelone et la Juventus Turin est une chose "grave", et que 68% estiment que l'image du Premier ministre s'est détériorée, selon un sondage Odoxa publié vendredi.

Pour une large majorité de Français (58%, contre 41%), sa décision de "rembourser personnellement la prise en charge du voyage pour ses deux enfants, soit 2.500 euros", ne clôt pas la polémique.

Dans le Journal du Dimanche, le Premier ministre tente de se justifier: "Comme tous les pères, surtout ceux qui sont souvent absents, j'aime passer du temps avec mes fils".

Il invoque aussi sa passion pour le Barça: "je suis un passionné de foot, du Barça. C'est lié à ma famille, les Français le savent, ils m'en parlent dans la rue".

"Mais je suis Premier ministre, je dois être irréprochable. Je comprends que les Français qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois puissent avoir été choqués par cette désinvolture. Il y a eu une bourde, je ne dois pas en commettre une deuxième", déclare-t-il.

"La confiance doit être le maître mot pour les deux prochaines années. Je veux la mettre au service des Français", promet M. Valls.

" Ma seule obsession, c'est de travailler pour que l'économie se redresse, pour que la République soit plus forte et pour lutter contre la menace terroriste. C'est l'action qui guide ma vie. C'est le travail. Bien sûr, il y a l'ambition, mais au service des Français", dit-il.