Depardieu a contacté François Hollande par téléphone


PARIS François Hollande et Gérard Depardieu ont eu mardi un entretien téléphonique au cours duquel l'acteur a expliqué au chef de l'Etat qu'il était "écoeuré" par la façon dont la France traite ceux qui réussissent, justifiant sa décision de s'exiler, a affirmé jeudi sur RTL un ami du comédien.

Interrogé par l'AFP, l'Elysée a confirmé cette conversation téléphonique, qui a eu lieu le 1er janvier, mais s'est refusé à tout commentaire sur la teneur de l'échange entre le chef de l'Etat et l'acteur.

"Ils se sont parlés très calmement", a déclaré sur RTL Arnaud Frilley, ami et producteur des activités russes de Gérard Depardieu. "Il (Gérard Depardieu) lui a dit qu'il était écoeuré, qu'il trouvait que la presse était devenue terrible et qu'il avait besoin de prendre du recul", a-t-il poursuivi.

Depardieu fera-t-il marche arrière? lui a-t-on demandé. "Vous savez, il reste Français dans le coeur des Français. Les cinéphiles l'aiment. Il se fait un peu le porte-parole de beaucoup qui ne disent rien", a dit M. Frilley.

En réponse à une question, l'ami de Gérard Depardieu a affirmé que "oui" François Hollande avait semblé à l'écoute car "c'est quand même un monument de la France, Gérard Depardieu". "Ça fait quelque chose. Un président est toujours sensible. Surtout, politiquement, avec des gens populaires".

François Hollande, a dit encore M. Frilley, "voulait comprendre pourquoi, si les motivations étaient sérieuses. Les explications données par Depardieu étaient recevables". "Ce n'est pas sur l'aspect fiscal qu'il est écoeuré mais vraiment sur le côté: +on crache sur ceux qui réussissent, sur le succès, sur l'initiative+. Au bout d'un moment, il y a eu un ras de bol", a-t-il conclu.

Depardieu a suscité une vive polémique sur la taxe à 75% pour les très hauts revenus - taxe annulée samedi par le Conseil constitutionnel-, en annonçant son exil fiscal en Belgique.

Depuis, l'acteur a mis en vente son hôtel particulier parisien et a obtenu jeudi la nationalité russe de la part du président russe Vladimir Poutine.

© La Dernière Heure 2013