L'Union Européenne, où la pandémie du Covid-19 est en recul, s'apprête mardi à publier la liste des pays dont elle va ré-accepter les voyageurs mais pour l'OMS les perspectives mondiales restent sombres et "le pire est à venir".

Après des jours de tractations, les pays de l'UE vont, sauf difficultés de dernière minute, voter à la majorité qualifiée pour décider d'ouvrir leurs frontières dès le 1er juillet aux ressortissants d'une quinzaine de pays tiers dont la situation épidémiologique est jugée satisfaisante, ce qui exclut notamment les Etats-Unis.

L'Union fixe plusieurs critères pour qu'un pays soit sur la liste des admis, notamment un taux de nouveaux cas de Covid-19 proche ou en-dessous de 16 pour 100.000 habitants (moyenne dans l'UE) sur les 14 derniers jours.

Cette évolution positive en Europe ne doit toutefois pas faire illusion : au niveau mondial la pandémie, qui vient de franchir deux seuils symboliques --plus d'un demi-million de morts et dix millions de cas-- "est loin d'être finie" et "s'accélère" même, a averti lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Le pire est à venir"

"Nous voulons tous que tout cela se termine. Nous voulons tous reprendre nos vies. Mais la dure réalité est que c'est loin d'être fini", a mis en garde le directeur général de l'Organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le virus continue de faire des ravages en Amérique du Sud, aux Etats-Unis et semble redémarrer en Chine, et dans un "monde divisé" et face à "un manque d'unité nationale et de solidarité mondiale (...) le pire est à venir", a-t-il prévenu.

L'OMS va envoyer "la semaine prochaine" une équipe en Chine, où ce coronavirus est apparu en décembre, pour déterminer son origine et mieux le comprendre.

Le patron de l'organisation a appelé gouvernements et citoyens à mettre en place des "solutions simples" afin de "sauver des vies maintenant": "tester, tracer, isoler, et mettre en quarantaine les cas".

Selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles, mais que les experts pensent largement sous-estimé, 502.599 décès et 10,2 millions de cas étaient officiellement recensés lundi soir.

Le nombre des décès répertoriés dans le monde a doublé en un peu moins de deux mois (250.000 le 5 mai) et 50.000 décès supplémentaires ont été enregistrés ces dix derniers jours.

L'Europe est le continent ayant le plus de décès (196.428 pour 2.660.794 cas), suivie par la zone Etats-Unis/Canada (134.538, 2.667.981), l'Amérique latine et les Caraïbes (112.321, 2.491.030), l'Asie (33.689, 1.251.153), le Moyen-Orient (15.819, 743.172), l'Afrique (9.671, 385.166) et l'Océanie (133, 9.244).

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché, tant en nombre de décès (126.123) que de cas (2.587.154). Bien que le nombre de décès quotidiens ait légèrement diminué en juin par rapport au mois précédent, la contagion progresse dans 30 des 50 Etats notamment dans les plus grands et les plus peuplés (Californie, Texas, Floride).

Fermés depuis mars, les fameux théâtres de Broadway, à New York, ne rouvriront pas avant janvier 2021.

En Grande-Bretagne, où la maladie a fait 43.575 morts et dont le PIB devrait fondre de plus de 10% cette année, le Premier ministre Boris Johnson va dévoiler mardi un plan "rooseveltien" pour relancer l'économie.

"Nous allons construire, construire, construire. Reconstruire en mieux, reconstruire en plus vert, reconstruire plus rapidement", doit dire le dirigeant conservateur dans un discours à Dudley (centre), selon des extraits diffusés par ses services.

Il compte en effet infuser cinq milliards de livres (5,4 milliards d'euros) dans des projets d'infrastructures.

Le gouvernement britannique a annoncé lundi soir le durcissement du confinement à Leicester en raison d'une flambée de cas dans cette ville du centre de l'Angleterre, la première à se voir imposer des restrictions locales..

Appel franco-allemand

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont pressé lundi lors de leur rencontre les pays européens, en particulier les "frugaux", à parvenir dès le sommet européen de juillet à un accord sur la relance de l'Union européenne.

"Nous sommes confrontés à des défis économiques que nous n'avons jamais connus depuis des décennies, et sans doute dans toute l'histoire", a lancé la chancelière, à l'aube d'une présidence allemande de l'UE qui s'annonce décisive.

"Nous espérons que nous allons trouver une solution" dès le conseil européen des 17 et 18 juillet, qui portera sur l'adoption du plan de relance de 750 milliards d'euros proposé par la Commission européenne, "même si le chemin est encore long", a-t-elle fait valoir.

Berceau de la pandémie à Wuhan, dans le centre du pays, la Chine croyait en avoir fini avec le virus mais il a refait son apparition mi-juin à Pékin, au point que les autorités ont fermé des écoles et placé en confinement plusieurs milliers de personnes.

Pékin a donné son feu vert pour utiliser sur des soldats du pays un vaccin conçu par un institut de recherche militaire et la société pharmaceutique CanSinoBIO.

Des scientifiques issus d'universités chinoises ont publié lundi, dans une revue scientifique américaine, une étude décrivant une souche de virus de grippe porcine découverte en Chine et qui présente les caractéristiques capables de provoquer une future pandémie.

Les virus s'appellent G4 et descendent génétiquement de la souche H1N1 à l'origine d'une pandémie en 2009: ils "possèdent tous les traits essentiels montrant une haute adaptabilité pour infecter les humains", écrivent les auteurs.

Au Canada, le Premier ministre Justin Trudeau, a indiqué que son pays se prépare pour une seconde vague "qui pourrait frapper très fort". Le Québec compte plus de la moitié des 103.000 cas de coronavirus et des 8.600 décès au pays.

En revanche, la Corée du Sud poursuit son retour à la normale. Elle a réussi à maîtriser la situation grâce à une stratégie très poussée de tests et de traçage des contacts des personnes infectées, sans même imposer de confinement.