Aux alentours de 8h15, heure belge, Donald Trump s'est exprimé à la Maison Blanche sur l'issue du scrutin. Sûr de lui, il a déclaré avoir "déjà gagné l'élection", et a menacé de saisir la Cour Suprême, évoquant une "fraude".

Les propos du républicain n'ont pas manqué de faire réagir les médias américains.

Chris Wallace, journaliste pour la chaîne Fox News, a déploré les déclarations du locataire de la Maison Blanche: "C'est une situation extrêmement inflammable et le président vient d'y jeter un allumette."

"Ses remarques étaient truffées de déclarations trompeuses et de mensonges purs et simples et constituaient une attaque contre le processus démocratique", a quant à lui déclaré Kevin Liptak, journaliste pour CNN. "Il s'est déclaré vainqueur dans certains États où le décompte des votes montre actuellement qu'il est en tête, mais il reste un nombre important de votes en suspens qui n'ont pas encore été comptés", a poursuivi M. Liptak.

Lorsque les journalistes de CNN ont repris l'antenne après l'allocution du président sortant, ils ont d'ailleurs rapidement rétabli les faits et précisé que bon nombre des propos de Trump étaient erronés. "Ce qu'il vient de dire est anti-démocratique".

Enfin, le New York Times et le Washington Post ont également démenti les déclarations de Donald Trump. "Sans vainqueur dans la course à la présidence, Trump affirme à tort qu'il a gagné", titre le quotidien new-yorkais. "Trump affirme erronément une fraude électorale et revendique la victoire", déclare pour sa part le Washington Post.


Donald Trump désavoué dans son propre camp

Les propos du président américain ont également fait des remous dans le rang des politiques, et même dans le camp républicain.

Chris Christie, ancien gouverneur du New Jersey et proche allié de Trump, a regretté les propos de son président. "Ce n'était pas le moment de faire cette argumentation", a déclaré Christie sur ABC News. "Je ne suis pas d'accord avec ce qu'il a fait ce soir."

Sur Twitter, le républicain Adam Kinzinger, membre de la Chambre des représentants, a demandé à Donald Trump d'"arrêter".

"Les votes seront comptés et vous gagnerez ou perdrez. Et l'Amérique acceptera cela. La patience est une vertu", a écrit Kinzinger, qui a déjà exprimé son opposition à Trump dans le passé.


Logiquement, les démocrates ont eux aussi condamné les propos du locataire de la Maison Blanche. La cheffe de campagne de Joe Biden a jugé "scandaleuses" et "sans précédent" les déclarations de Donald Trump. Dans un communiqué, Jen O'Malley Dillon a affirmé que les démocrates étaient prêts à "combattre" en justice si le président républicain saisissait la Cour suprême.

"Jamais auparavant dans notre histoire, un président des États-Unis n'a cherché à priver les Américains de leur voix lors d'une élection nationale", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Elle a insisté sur le fait que Trump n'avait pas le pouvoir légal de se déclarer vainqueur ou d'influencer le comptage des votes. "Nous avons des équipes juridiques qui se tiennent prêtes."