Monde

Le président américain Donald Trump est arrivé samedi en France pour un sommet du G7 sous haute tension, où il pourrait de nouveau jouer les trouble-fête après une série de tweets tonitruants sur le commerce international et la taxation française des géants du numérique.

L'Air Force One présidentiel a atterri à la mi-journée à l'aéroport de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, sous un soleil radieux. M. Trump devait ensuite rejoindre à bord d'un avion plus petit l'élégante station balnéaire de Biarritz, où se déroule le sommet jusqu'à lundi. Cette rencontre des dirigeants de sept pays industrialisés (Allemagne, Japon, Etats-Unis, France, Italie, Canada, Royaume-Uni), s'ouvre samedi soir avec au menu une série de crises qui secouent la planète: guerre commerciale, Iran ou feux en Amazonie. Avant de partir pour la France, M. Trump a paru aborder le sommet avec optimisme. "Je pense que ça sera très productif", a-t-il déclaré à la presse.

© BELGA

Mais il a brandi la menace de représailles à l'introduction d'une taxe française sur les géants américains du secteur des hautes technologies. "Je n'aime pas ce que la France a fait", a lancé Donald Trump. "Je ne veux pas que la France impose des taxes sur nos sociétés. C'est très injuste". "S'ils (les Français) le font, nous imposerons des droits de douane sur leurs vins", a-t-il annoncé. "Des droits de douane comme ils n'en ont jamais vu",

© BELGA

Le président américain a aussi une nouvelle fois soufflé sur les braises de la guerre commerciale qui oppose les Etats-Unis à la Chine avec une série de tweets à la tonalité particulièrement agressive. Pékin a annoncé vendredi de nouveaux droits de douane et Donald Trump a riposté en annonçant que la totalité des 550 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis seraient frappés de taxes encore plus lourdes d'ici à la fin de l'année.

Déjeuner "improvisé" Macron-Trump avant le sommet du G7

Emmanuel Macron et Donald Trump déjeunaient en tête-à-tête samedi à Biarritz pour balayer les différents sujets de discussion avant l'ouverture d'un G7 qui s'annonce particulièrement tendu, une rencontre qui n'était pas prévue initialement. Les deux responsables se sont retrouvés à l'Hôtel du Palais, dans l'élégante station balnéaire qui accueille jusqu'à lundi le G7 dans le Sud-Ouest de la France.

Pour ce déjeuner "improvisé", selon l'Elysée, ils ont pris place sur la terrasse de l'hôtel du palais, protégés du soleil, autour d'une table ronde à une dizaine de mètres de leurs conseillers, dont le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton.

"C'est un G7 qui arrive à un moment important de déstabilisation sur de nombreux sujets", a souligné le président français, en évoquant notamment le conflit syrien ou le traité sur le nucléaire iranien, principale pomme de discorde entre les Etats-Unis et les Européens.

"On parlera aussi des sujets économiques pour que les choses puissent s'apaiser au maximum, pour que nous puissions trouver les bonnes solutions de manière concertée sur les sujets numérique, climatique, l'égalité femme homme", a ajouté M. Macron.

Outre la guerre commerciale entre Etats-Unis et Chine, le président américain a fait planer vendredi la menace d'un conflit avec la France et l'Europe, en menaçant de taxer les vins français en rétorsion à la taxation des géants américains du numérique.

"Nous avons vraiment beaucoup en commun, étant des amis de longue date. Nous nous chamaillons un peu (parfois) mais pas trop. Notre relation est spéciale et jusqu'ici tout va bien", a répondu Donald Trump, loin du ton agressif de ces précédentes déclarations. "Nous avons plein de choses importantes à discuter", a-t-il dit.

Autre point délicat à déminer, l'environnement. France, Canada, Royaume-uni et Allemagne ont insisté pour se saisir du sujet de la forêt amazonienne, en proie à de nombreux incendies, passant outre l'avis du président brésilien Jair Bolsonaro, un proche allié du climato-sceptique Donald Trump.