Nicolas Sarkozy était invité ce mardi soir sur Cnews et Europe 1 pour évoquer la sortie de son livre "Promenade". L'ex-président s'est montré inquiet quant à l'état de son pays: "On est peut-être la première génération qui ne voudrait rien retenir de ce que nos parents, nos grands-parents, nos aïeux nous ont transmis". Pour éviter la disparition de notre civilisation, Nicolas Sarkozy prône "l'amour pour la culture, l'art, la création, le beau, le sacré."

Laurence Ferrari, la présentatrice, n'est évidemment pas passée à côté de l'occasion d'évoquer la prochaine élection présidentielle et notamment la candidature du polémiste Eric Zemmour. A son sujet, Nicolas Sarkozy a glissé une petite critique: "La pression d'une pensée unique est telle qu'elle a fini par vider le débat politique de ce qui était vraiment fondamental et essentiel. Et quand il n'y a plus rien à débattre, ça laisse de la place à tous ceux dont l'excès sert d'argumentation. Pour moi, Éric Zemmour n'est pas la cause du vide du débat politique, il est le symptôme du vide dans nos démocraties. Le vide permet aux excès et aux extrêmes de prendre la place."

L'ancien président de droite, s'il pointe des "différences" avec Eric Zemmour, a toutefois déclaré qu'il ne comprendrait pas qu'on ne laisse pas le polémiste s'exprimer: "Si, dès que quelqu'un pose la question de l'immigration sur la table, il est catalogué d'extrémiste de droite, de fasciste, que sais-je encore, 'circulez, y'a rien à voir', c'est atterrant. J'ai bien des différences avec Monsieur Zemmour mais je n'aime pas qu'on ne veuille pas qu'il parle". Et Sarkozy de conclure: "Il ne faut pas s'attaquer aux excès et aux extrêmes, il faut redonner du contenu à ceux qui ne sont ni dans l'excès ni dans les extrêmes."


Une attaque qui survient après celle de Macron

A noter qu'avant Sarkozy, c'est l'actuel président Emmanuel Macron qui s'est payé le scalp de Zemmour. Il a ainsi critiqué l'idée d'une identité française "bâtie sur un rétrécissement", ou "des prénoms", visant sans le nommer le polémiste qui a réclamé le rejet des prénoms étrangers. "Nous nous posons souvent dans le débat politique la question de notre identité", a dit le chef de l'Etat dans un discours à l'occasion de la visite du chantier de rénovation de la Bibliothèque nationale de France à Paris. "Mais notre identité ne s'est jamais bâtie ni sur le rétrécissement, ni sur des prénoms, ni sur des formes de crispation", a-t-il commenté, évoquant pour la première fois publiquement les propositions du polémiste.

Pour rappel, Eric Zemmour avait dit vouloir "obliger les gens à donner des prénoms français" parce qu'"appeler son enfant Mohamed, c'est coloniser la France".

"Notre pays, notre nation a été bâtie par deux institutions, l'Etat et la langue", a poursuivi Emmanuel Macron. "Une langue dont l'épicentre aujourd'hui n'est plus sur ces rives de la Seine mais sans doute bien davantage vers le bassin du fleuve Congo", a-t-il déclaré mardi soir.