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Un message anonyme de menace d'attaque à l'arme automatique sur une "gare centrale" du pays a été reçu samedi vers 14h00, en représailles des attaques perpétrées dans deux mosquées vendredi à Christchurch (Nouvelle-Zélande).

La Direction centrale de la lutte contre la criminalité grave et organisée (DJSOC) a estimé opportun de faire remonter l'information à tous les niveaux compétents, rapporte lundi Sudpresse sur la base de ses sources. "Un message anonyme a été envoyé (ce samedi) à 13h56 (...) Il s'agit d'une menace d'attaque à l'arme automatique sur une 'gare centrale' avec la photo de la gare centrale d'Anvers en guise d'illustration. Le message est en anglais et parle de vengeance de 'my innocent fellow muslim brothers' (mes frères musulmans innocents, NDLR). Il se conclut par 'Allahu akbar' etc.", précise le quotidien.

"C'est la PJF d'Anvers, avec l'appui des autres services de sécurité compétents, qui mène actuellement l'enquête. Nous suivons cela de près", a répondu l'Organe de Coordination et d'Analyse de la Menace à Sudpresse.

Toutefois, le niveau de la menace (de 3 sur une échelle 4) n'a pas été revu à la hausse dans les gares.

Un jeune inculpé pour avoir relayé la vidéo du carnage

Un jeune de 18 ans a été inculpé lundi par un tribunal de Christchurch pour avoir relayé la vidéo diffusée en direct par l'auteur du carnage de Christchurch, où 50 fidèles ont été tués vendredi. La justice n'a pas autorisé la publication du nom de cet homme, également poursuivi pour avoir mis en ligne une photographie de la mosquée al-Nour de Christchurch avec la mention "cible atteinte", et pour incitation à la violence. Chaque chef est passible de 14 années de détention.

Le juge a refusé de libérer sous caution le jeune homme, qui demeurera détenu jusqu'à sa prochaine comparution le 8 avril.

Vendredi, l'extrémiste australien Brenton Tarrant, fasciste autoproclamé, avait abattu 50 personnes dans la mosquée al-Nour et celle de Linwood.

Les enquêteurs ont indiqué que le jeune homme inculpé lundi n'était pour l'heure pas soupçonné d'être directement impliqué dans la tuerie.

Mais le juge Stephen O'Driscoll a précisé que tous les détails des poursuites visant le jeune homme étaient également couverts par une "ordonnance de suppression" ("suppression order"), qui interdit aux médias d'en faire état.

Le tireur présumé a acheté ses armes sur internet

L'auteur présumé des fusillades à Christchurch en Nouvelle-Zélande vendredi avait acheté armes et munitions sur internet. Le fournisseur Gun City confirme lundi que Brenton Tarrant, 28 ans, a commandé quatre armes au moins sur internet. Selon le responsable de l'entreprise, David Tipple, tout s'est déroulé légalement. "Nous n'avons rien repéré de spécial chez cet homme qui possédait un permis de port d'armes", a expliqué M. Tipple.

Le gouvernement néo-zélandais travaille désormais à un durcissement de la loi sur les armes, a assuré la Première ministre Jacinda Ardern.

Un habitant de Christchurch âgé de 18 ans est soupçonné d'avoir relayé la diffusion en direct des fusillades, ont précisé des médias locaux.

Les premières funérailles de victimes ont lieu ce lundi.

Le gouvernement d'accord sur le principe d'un durcissement des lois sur les armes

La Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a annoncé lundi que son gouvernement avait donné son accord de "principe" au durcissement de la législation sur les armes et présenterait prochainement des mesures en ce sens. Mme Ardern a déclaré que les détails de la nouvelle législation seraient annoncés avant un nouveau conseil des ministres lundi prochain. "C'est maintenant que nous devons agir", a-t-elle expliqué.

La Première ministre a également annoncé l'ouverture d'une enquête sur l'attaque contre les mosquées qui a fait 50 morts vendredi à Christchurch, sur l'île du Sud. De nombreuses questions se posent sur le fait que le suspect, faciste autoproclamé, n'ait pas attiré l'attention des agences de renseignement.

La rapidité de la réaction du gouvernement néo-zélandais tranche avec le maintien d'une législation laxiste sur les armes aux Etats-Unis, les Américains étant plus divisés sur la question.

"Nous avons pris une décision en tant que gouvernement, nous sommes unis", a déclaré Mme Ardern, qui était flanquée de Winston Peters, son vice-Premier ministre et partenaire au sein de la coalition au pouvoir.

Le parti de M. Peters, New Zealand First, qui s'était opposé jusque-là à un tel durcissement, a apporté son soutien total aux réformes annoncées.

"La réalité c'est qu'après 13H00 vendredi, notre monde a changé à jamais et nos lois feront de même", a-t-il lancé.