Au lendemain du discours de l'ancienne Première dame et à la veille de celui de son prédécesseur, le président américain, en difficulté dans les sondages, a multiplié les attaques contre les "ObamaBiden".

"Il faudrait que quelqu'un explique à Michelle Obama que Donald Trump ne serait pas là, dans la magnifique Maison Blanche, si son mari, Barack Obama, n'avait pas été président", a-t-il tweeté.

Pour la deuxième soirée de cette étrange convention entièrement virtuelle en raison du Covid-19, Bill Clinton, 73 ans, sera en vedette. Un message vidéo d'un autre ex-président démocrate, Jimmy Carter, 95 ans, sera également diffusé.

La jeune star du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, figure de l'aile gauche du parti et farouche opposante du président, n'aura elle droit qu'à une brève intervention.

M. Trump, qui a confirmé qu'il prononcerait son discours à l'issue de la convention républicaine depuis les jardins de la Maison Blanche, a ironisé sur les débuts de ses adversaires: "Pas le meilleur moment de télévision qui soit".


Selon l'institut Nielsen, les audiences télévisées de la première soirée démocrate ont été nettement inférieures à celles de 2016: 18,7 millions de téléspectateurs, contre 25,9 millions quatre ans plus tôt.

Accusé d'avoir creusé le fossé entre deux Amériques, une "rouge" (républicaine) et une "bleue" (démocrate), Donald Trump a répondu du tac au tac. "Les gens oublient combien notre pays était divisé sous ObamaBiden", a-t-il ajouté, disant être un "rassembleur".

Affirmant avoir "sauvé des millions de vies" et assurant être en train de reconstruire "une économie encore plus forte qu'avant", il a balayé d'un revers de manche les critiques sur sa gestion de la pandémie du Covid-19 qui a fait plus de 170.000 morts aux Etats-Unis.

"Les emplois abondent, le NASDAQ a déjà atteint des records, le reste suivra!", a-t-il promis à deux mois et demi du scrutin, au cours duquel il briguera un deuxième mandat de quatre ans.

"Au-delà du socialisme"

Dans un réquisitoire prononcé sur un ton très personnel, l'ancienne First Lady Michelle Obama, qui bénéficie d'une cote de popularité inoxydable dans le camp démocrate, a dénoncé lundi soir "le manque total d'empathie" de l'actuel locataire de la Maison Blanche.

Appelant au rassemblement derrière Joe Biden, elle a insisté sur le fait que, lui, dirait "la vérité" et ferait "confiance à la science".

Donald Trump, qui a largement bâti son succès de 2016 sur son goût des estrades, sa capacité à jouer avec les foules, est aussi longuement revenu sur le fait que Michelle Obama ne s'était pas exprimée en direct.

"Non seulement cela avait été enregistré, mais cela avait été enregistré il y a longtemps car elle n'avait pas le bon bilan des morts (du Covid-19)", a-t-il insisté.

"Contrairement à Michelle Obama, je serai en direct. C'est toujours beaucoup mieux en direct", a-t-il ajouté, évoquant son discours, prévu le jeudi 27 août.

Soucieux de ne pas laisser les démocrates accaparer toute l'attention médiatique, l'ancien homme d'affaires de New-York continue à sillonner les Etats-Unis, concentrant ses efforts sur les Etats-clés.

Après le Minnesota et le Wisconsin lundi, il s'est rendu mardi matin dans l'Iowa, avant de rejoindre l'Arizona dans l'après-midi.

Il a renouvelé, à cette occasion, ses attaques chaque jour plus agressives envers celui qu'il affuble systématiquement du surnom moqueur de "Sleepy Joe" ("Joe l'endormi").

"Joe Biden est la marionnette de la gauche radicale", a-t-il lancé. "Cela va au-delà du socialisme".

"La Chine veut absolument qu'il gagne! L'Iran veut absolument qu'il gagne!", a-t-il lancé sous les applaudissements, se posant un négociateur intraitable.