Le typhon Haiyan a touché terre lundi matin au Vietnam, déracinant des arbres et arrachant des toitures, mais sans causer de dévastation comme aux Philippines, en raison de son affaiblissement.

Le typhon, qui s'est affaibli considérablement après son passage au cours du week-end aux Philippines, a touché terre dans le nord du Vietnam avec des vents soufflant à 120 km/h. "Aucune victime n'a été signalée", ont déclaré les autorités vietnamiennes dans un communiqué publié lundi. Trois personnes sont néanmoins portées disparues, selon les secours, et cinq sont mortes pendant les préparatifs à l'approche du typhon, selon les médias officiels.

Plus de 650.000 personnes avaient été évacuées de façon préventive durant le week-end. Elles sont toutes rentrées chez elles, selon la presse d'Etat. "Plusieurs centaines de maisons ont eu leurs toits arrachés et des milliers d'arbres ont été déracinés", a indiqué Nguyen Cong Thuan, un responsable de la lutte contre les calamités naturelles de la province de Quang Ninh (nord-est). "Trois personnes ont été portées disparues", a-t-il ajouté.

La ville portuaire de Hai Phong a été également touchée par de fortes pluies et des inondations. Dans le port de Hai Phong, les habitants se sont plaints d'avoir été avertis trop tard des dispositions officielles pour faire face au typhon. Les médias d'Etat ont vanté des "préparatifs importants et coûteux" face au typhon. "Ce n'est pas du gaspillage. Nous avons échappé au pire", a écrit le quotidien officiel Lao Dong.

Les autorités vietnamiennes ont annoncé l'envoi d'une aide d'urgence de 100.000 dollars pour aider les victimes aux Philippines. Un changement de trajectoire du typhon vers le nord du Vietnam, alors qu'il était initialement annoncé dans le centre du pays, a forcé à l'évacuation dimanche de 52.000 nouvelles personnes.

Toutes les écoles ont reçu l'ordre de rester fermées dans la capitale lundi et des renforts de police ont été déployés pour détourner la circulation routière dans les zones inondées. Le typhon devrait ainsi continuer à progresser vers le nord avant de se dissiper rapidement.

Au moins trois morts en Chine

Le typhon Haiyan, affaibli, a fait au moins trois victimes dans la province du Hainan, au sud de la Chine. Sept membres d'équipage d'un navire commercial sont portés disparus et 39.000 personnes ont été évacuées, ont indiqué les autorités provinciales. Haiyan a touché la terre chinoise lundi matin, après être passé sur le Vietnam, avec des vents soufflant à environ 120 km/h et apportant des trombes d'eau. Des dizaines de maisons ont été détruites.

Haiyan a balayé le centre de l'archipel philippin vendredi avec des vents soufflant à plus de 300 km/h et une succession de vagues géantes qui ont détruit des zones entières, notamment sur les îles de Leyte et Samar. Plus de 10.000 personnes pourraient avoir été tuées, selon des estimations provisoires.

La police et l'armée mobilisées contre les pillages

Des centaines de militaires et policiers philippins sont entrés lundi à Tacloban, ville côtière du centre de l'archipel dévastée par le super typhon Haiyan où les pillages et la violence menaçaient d'entraver l'aide d'urgence. Plus de 10.000 personnes auraient péri vendredi lors du passage de ce typhon, l'un des plus violents jamais observés avec des vents soufflant à plus de 300 km/h et des vagues qui ont emporté les habitants dans leurs maisons de tôle et de bois.

Les secours s'efforçaient de gagner Tacloban et d'acheminer tentes, vivres et matériel médical dans les zones sinistrées où les rescapés coupés du monde ont épuisé leurs réserves d'eau et de nourriture. Mais leur travail était rendu difficile par le climat de tension régnant dans cette ville de 220.000 habitants livrée aux "pillards de la faim" qui ont dévalisé les derniers magasins d'alimentation et attaqué un convoi de la Croix-Rouge, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Des rescapés ont également vu des bandes écumer des boutiques d'électroménager. "Les gens deviennent violents. Ils pillent les entreprises, les centres commerciaux, juste pour trouver de la nourriture, du riz et du lait (...). J'ai peur que dans une semaine, les gens s'entretuent à cause de la faim", avait confié dimanche Andrew Pomeda, professeur de lycée de 36 ans. Le porte-parole de la défense civile, Reynaldo Balido, a indiqué à la chaîne de télévision ABS-CBN que la restauration de l'ordre à Tacloban était "l'une des priorités" des autorités.

Le président philippin, Benigno Aquino, avait exprimé dimanche à Tacloban "l'inquiétude majeure" de son gouvernement face à ces pillages alors que seuls 20 des 390 membres de la force de police de la ville avaient pu prendre leur service. "Les policiers locaux font partie des victimes", a expliqué le porte-parole de la police nationale, Reuben Sindac. "Certains d'entre eux ont aussi des familles affectées" par le typhon. "Nous ne savons même pas combien (de policiers) sont morts", a-t-il souligné.

Il a précisé que 469 policiers avaient été dépêchés sur place et le porte-parole de l'armée, Ramon Zagala, a confirmé l'envoi de 100 soldats pour des missions de maintien de l'ordre à Tacloban. Une division d'infanterie de 4.000 hommes est stationnée sur l'île de Samar mais ses équipements ont été endommagés par le typhon et elle ne peut être mobilisée pour le moment.

Enfin quelque 500 soldats du génie ont été positionnés autour de la ville pour participer aux opérations de nettoyage et dégager les routes.