Monde

Le procureur de Paris n'a pas confirmé le décès d'Abdelhamid Abaaoud, annoncé par différents médias.

Ce mercredi matin; des policiers ont mené un assaut mercredi sur un appartement de Saint-Denis, aux portes de Paris, ciblant l'organisateur présumé des attentats sanglants du 13 novembre, dont le sort reste inconnu, dans une opération qui a fait deux morts, dont une femme kamikaze. La première de l'histoire en France. Cette dernière a fait exploser sa ceinture d'explosifs. C'est une cousine maternelle d'Abdelhamid Abaaoud, indique une source officielle marocaine à nos confrères de La Libre Belgique. Son nom est Hasna Aitboulahcen. Elle est née le 12 août 1989 en France. La Dernière Heure s'est procurée en exclusivité ce cliché.


"Tout laisse à penser" que le groupe de personnes arrêtées ou abattues mercredi matin lors de l'assaut d'un appartement à Saint-Denis, au nord de Paris, "pouvait passer à l'acte" pour un nouvel attentat, a déclaré mercredi soir le procureur de la république de Paris François Molins. L'opération policière a été lancée sur la foi d'un témoignage lundi "sur la présence en France d'Abaaoud".

Huit personnes ont été arrêtées. Les principaux suspects Abdelhamid Abaaoud et Salah Abdeslam ne font pas partie des personnes mises en garde à vue, a indiqué François Molins. Le procureur de Paris n'a pas confirmé le décès d'Abdelhamid Abaaoud, annoncé par différents médias. "Je ne peux pas encore rendre un nombre (de décès) définitif ni l'identité des personnes décédées", a indiqué le procureur précisant que l'opération avait fait "au moins deux morts."


Qu’attend Daech de ses femmes ?

Le rôle d’action, au premier plan, joué par la cousine d’Abaaoud mercredi, est à contre-courant de la place que l’EI donne aux femmes

Hasna Aitboulahcen, la femme kamikaze qui a actionné son gilet d’explosifs hier matin, durant l’assaut de l’appartement de Saint-Denis, n’est pas la première femme à mourir en martyr, en Europe, au nom de l’Islam (isme). Ce trise titre, c’est à une Belge qu’il revient : Muriel Degauque, née le 19 juillet 1967 à Monceau-sur-Sambre. Une enfant de Charleroi, qui y travaillait comme serveuse puis boulangère, avant de se faire endoctriner par son troisième mari, Issam Goris. Elle se fera exploser le 9 novembre 2005 à Bagdad, en Irak, à proximité d’un convoi américain. Issam Goris, sera, lui, tué quelques jours plus tard par l’armée américaine, alors qu’il participait à une autre action kamikaze.

Deux femmes, deux fins similaires. Mais pas les mêmes destins. La cousine d’Abaaoud, Hasna, n’avait jamais eu l’opportunité de faire sa hijra , en Syrie ou en Irak. C’est depuis l’endroit où elle vivait que Daech, à qui elle avait prêté allégeance, lui aurait prié de passer à l’acte. Un acte qui questionne, plus largement, la place qu’octroient les groupes terroristes à la Femme. Et dans le chef de l’EI, la fin de parcours d’Hasna ne cadre pas vraiment avec le projet global…

Un document précieux, intitulé “Femmes de l’Etat islamique. Manifeste et étude de cas” , qui n’était pas destiné à être lu en Occident, a fuité il y a quelques mois. Sous ce titre digne d’un cabinet d’études international, un véritable guide de vie, destiné à montrer la voie à la brigade féminine Al-Khansa de l’EI, basée à Raqqa. Une brigade dont bien des experts disent qu’elle n’est qu’une façade, créée pour promouvoir l’image d’une femme placée au cœur de l’action, dans l’organisation du groupe islamiste. Alors que Daech lui réserve, plutôt, une place extrêmement sédentaire, et mysogine.

“Le modèle adopté par les infidèles en Occident a échoué à la minute où les femmes ont été libérées de leur cellule dans la maison” , explique ce manifeste. Il estime aussi “légitime pour une fille de se marier à 9 ans. Les filles les plus pures seront mariées à 16 ou 17 ans, tant qu’elles sont toujours jeunes et actives” .

En matière d’éducation, les branches à étudier sont limitées (tout comme les années d’étude) : la religion, quelques sciences basiques (surtout les mathématiques), les lois du mariage. La cuisine, également…