Le suspect affirmait initialement s'appeler Hassan Ali et être né en 2002 au Pakistan, identité sous laquelle il avait bénéficié de l'aide sociale à l'enfance à son arrivée en France en 2018.

Confronté à un document pakistanais retrouvé dans son téléphone, "il a finalement reconnu qu'il s'agissait de sa véritable identité et qu'il était âgé de 25 ans", a déclaré Jean-François Ricard, qui a confirmé que le suspect "était totalement inconnu de l'ensemble des services de renseignement".

Cette reconnaissance de ce qui apparaît comme sa véritable identité, qui n'a pas encore été définitivement authentifiée auprès du Pakistan, est intervenue vers la fin de ses quatre-vingt-seize heures de garde à vue, entamée vendredi midi au moment de son interpellation place de la Bastille peu après les faits et terminée mardi en milieu de journée.

Zaheer Hassan Mahmoud doit être présenté mardi après-midi à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen pour "tentative d'assassinats" terroristes et "association de malfaiteurs terroriste".

Le parquet national antiterroriste, qui a ouvert cette information judiciaire au terme de sa garde à vue, a requis son placement en détention provisoire.

Au total, outre Zaheer Hassan Mahmoud, dix personnes ont été placées en garde à vue jusque-là dans cette enquête. Cinq avaient déjà été relâchées entre vendredi et lundi, et le procureur national antiterroriste a annoncé mardi que les cinq autres dernières l'avaient également été.

Parmi celles-ci, le "deuxième suspect", "Youssef", un Algérien de 33 ans placé en garde à vue vendredi midi et relâché le soir-même, et qui a fait "preuve d'un grand courage en tentant d'attraper le mis en cause pour l'arrêter", selon le procureur antiterroriste.

M. Ricard a confirmé mardi que l'assaillant s'était dit "en colère" après avoir regardé "ces derniers jours des vidéos en provenance du Pakistan" concernant la publication et la republication récente par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet.

Le procureur a aussi confirmé que l'intéressé avait prémédité son acte: multiples repérages les jours précédant les faits, achat le matin-même du hachoir, mais aussi d'un marteau et de bouteilles de white spirit, car son "projet initial était d'entrer dans les locaux du journal, si nécessaire à l'aide du marteau, et de les incendier grâce aux bouteilles de white spirit".

"En arrivant devant la rue, et en apercevant les victimes, il a pensé que ces dernières travaillaient pour (Charlie Hebdo) et a décidé de les attaquer", a affirmé le procureur.