Choqués et attristés, les fidèles tenaient à être présents à la prière du vendredi.

Après la prière de la mi-journée ce vendredi, une cinquantaine de fidèles se pressent à la sortie de la Grande Mosquée du Cinquantenaire. "Parfois les gens ont peur et ne viennent plus après de tels événements mais pas cette fois : se réunir fait du bien, surtout dans un lieu de recueillement."

Attristés par le drame, nombre de fidèles restent pragmatiques, rappelant que c’est en Nouvelle-Zélande et non en Belgique qu’il a eu lieu. "On ne va pas s’arrêter de vivre. Ce qui s’est passé s’est passé, maintenant il faut aller de l’avant", lance Hamza. "Je crois au destin : ce qui doit se passer arrivera, quoi qu’on essaie de faire pour l’éviter", ajoute Sofia.

Dans cette optique, pas de renforcement de la sécurité envisagé : la mosquée n’est pas un endroit où l’on refuse l’entrée. "C’est la maison de Dieu, tout le monde doit s’y sentir accueilli." Samedi, jour d’école arabe pour les enfants, les fidèles ne sont toutefois pas contre l’idée d’une présence policière. "Pour la prière, je ne me vois pas appeler la police, mais quand il s’agit des enfants, c’est autre chose."

Profondément touchés par cette attaque terroriste, les fidèles espèrent des jours meilleurs, "pas en tant que musulmans mais en tant qu’êtres humains, c’est la même chose pour les catholiques."

Le drame ne leur fait toutefois pas perdre leur humour. Fataliste, l’un d’entre eux tente de voir le bon côté des choses : "Après tout, tant qu’à mourir, autant mourir dans la mosquée qu’à l’extérieur !" Et les autres de rigoler. "On se voit à la prière de ce soir !", lancent-ils en se quittant. Le terrorisme ne les aura pas aussi facilement.