Monde

Après la pluie de critiques qui s'est abattue sur le géant du net, ce dernier est sorti du silence pour s'expliquer, chiffres à l'appui.

La pratique s'était révélée particulièrement abjecte et avait choqué: lors du massacre néo-zélandais, l'auteur de l'attaque avait filmé et diffusé en direct ses exactions sanguinaires sur Facebook. On l'entendait dire "Let's get this party started" (Ndlr: "que la fête commence") en se dirigeant vers une mosquée. Des images qui ont secoué les échines. Rappelons que l'horrible fusillade qui a suivi a vu 50 personnes périr.

Une semaine après l'acte barbare perpétré par le suprémaciste blanc Brenton Tarrant dans deux mosquées de Christchurch, Facebook a livré de nombreux détails sur les aspects houleux entourant l'utilisation de son outil "Live" lors de cette double tuerie.

Au vu du rapport dévoilé par Guy Rosen (disponible ici en anglais), responsable de l'intégrité chez Facebook, le réseau social s'applique à être particulièrement précis et méthodique.


1,5 million de reposts

Concernant le nombre de vues du "Facebook Live" réalisé par Brenton Tarrant, les statistiques du groupe de Mark Zuckerberg indiquent que ce direct n'a pas obtenu plus de 200 vues. Comme il est prévu par la fonctionnalité de Facebook, une fois le "Live" terminé, la vidéo a en revanche été publiée automatiquement en ligne. Si l'on additionne le nombre de vues du "direct" à celles de la "vidéo classique" postée, on recense 4000 vues avant qu'elle n'ait totalement disparu de Facebook, une dizaine de minutes après un signalement des autorités.

Il est également étonnant de souligner que le premier signalement par un utilisateur n'est intervenu que près de 30 minutes après la publication, soit 12 minutes après la fin du direct. Aucun des 200 spectacteurs du live, lorsqu'il fut diffusé en direct, n'ont donc signalé la vidéo à Facebook. Ce direct n'avait pas été pointé comme une "tentative de suicide" d'où la détection tardive du système de modération.

Un autre chiffre intéressant concerne le nombre de médias "repostés" interceptés et supprimés par Facebook dans les 24h qui ont suivi ce "Live". 1,2 million de vidéos auxquelles il faut en ajouter 300.000 (juste après avoir été postées) ont été bloquées par Facebook.

Mea culpa et effet "boule de neige"

Si Facebook veut prouver ses nobles intentions dans cette tragédie, l'effet "boule de neige" de la contagion de cette vidéo ne fut pas pour autant stoppé. C'est par un site de propagande d'extrême droite américain (8chan) qu'il fut initié avant de gagner des réseaux plus larges et se répandre sur YouTube, Twitter, etc. Une technique qui semble avoir été préméditée par l'auteur.

Dans ce rapport, Facebook relève aussi que ces "Live" nécessitent encore des "améliorations afin de détecter plus efficacement" ce type de phénomène et une "meilleure réactivité au niveau de l'intervention à réaliser".

En parallèle de ces données publiées par Facebook, notons que la Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a annoncé jeudi l'interdiction de la vente des fusils d'assaut et fusils semi-automatiques en réponse à la double tuerie des mosquées. Elle a également annoncé l'interdiction des chargeurs à grande capacité et des dispositifs qui permettent des tirs plus rapides. "Pour résumer, chaque arme semi-automatique utilisée dans l'attaque terroriste de vendredi sera interdite dans ce pays".