"Au cours des dernières heures, des informations sont apparues, montrant que quelque temps avant l'attaque terroriste, les services secrets slovaques avaient informé le BVT au sujet de l'assaillant. Ils avaient indiqué qu'il voulait se procurer des munitions", a déclaré Karl Nehammer lors d'une conférence de presse.

"Il y a manifestement eu par la suite un problème au niveau de la communication", a-t-il déploré, souhaitant l'ouverture d'une commission d'enquête indépendante.

De son côté, la police slovaque a précisé avoir eu vent de ce projet d'achat, qui a échoué, "au cours de l'été".

Le ministre a poursuivi en accusant son prédécesseur d'extrême droite d'avoir sérieusement nui par son action aux services de renseignement.

"Mon prédécesseur Herbert Kickl a causé des dommages durables, pour ne pas dire qu'il a détruit le BVT (Bureau pour la protection de la Constitution et la lutte contre le terrorisme)", a fustigé Karl Nehammer. Il est "responsable du fait que le BVT a été ébranlé dans ses fondations (...), il a provoqué une situation dangereuse pour l'Autriche", a-t-il lancé, visiblement remonté.

Herbert Kickl était l'une des figures les plus en vue du FPÖ au sein de la coalition formée avec les conservateurs (ÖVP) du chancelier Sebastian Kurz, entre décembre 2017 et mai 2019. Il avait fait l'objet de vives critiques en 2018 après des perquisitions menées au siège du BVT ainsi qu'au domicile de plusieurs hauts responsables de la structure.

Ordonnée par le parquet financier dans le cadre d'une enquête pour détournement de fonds visant des membres du BVT, la perquisition aurait en réalité abouti à la saisie de documents liés à la lutte contre l'extrémisme de droite, sans rapport avec ce dossier, selon des enquêtes de presse publiées à l'époque.

Une partie des perquisitions avaient été déclarées irrégulières par la justice faute d'avoir respecté les procédures légales.