Tous les services continuent à suivre de près la situation en Belgique et à l'étranger, a indiqué le cabinet du ministre des Indépendants et des PME, David Clarinval, qui assume l'intérim de sa collègue des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, durant sa convalescence après une infection au coronavirus.

Même son de cloche auprès du cabinet de la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), où l'on a toutefois fait état d'une vigilance "renforcée", en se refusant à toute autre précision pour des raisons de sécurité.

Cette réunion du comité stratégique du renseignement et de la sécurité avait été demandée mardi par le MR.

Cet organe rassemble le Premier ministre (ou son représentant) et les principaux ministres du gouvernement fédéral qui siègent au sein du Conseil national de sécurité (CNS), la Sûreté de l'Etat (VSSE), le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS) de l'armée, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam), la police fédérale, le centre de crise fédéral, les Affaires étrangères et le procureur fédéral.

L'Ocam a confirmé mercredi le maintien du niveau d'alerte terroriste général à 2 (sur une échelle de quatre, ce qui signifie que la menace est considérée comme peu vraisemblable), avec certains sites sensibles au niveau 3, selon les deux cabinets ministériels.

Les deux Suisses arrêtés impliqués dans des procédures liées au terrorisme

Les deux Suisses de 18 et 24 ans arrêtés près de Zurich après l'attentat de Vienne étaient connus des autorités suisses dans le cadre de procédures pénales liées au terrorisme, ont-elles indiqué mercredi. Ces procédures ont été engagées par le Ministère public de la Confédération (MPC) "en 2018 et 2019 dans le domaine du terrorisme et sont actuellement toujours en cours", a-t-il indiqué dans un communiqué, précisant que le plus âgé est accusé dans l'une de ces procédures.

Quant au plus jeune, "il est accusé dans le cadre d'une procédure pénale du tribunal des mineurs de Winterthur", a précisé le parquet.

La justice zurichoise a confirmé à l'AFP que le jeune de 18 ans, actuellement "en détention", était connu du parquet de Winterthour, qui "s'occupe du phénomène de la radicalisation depuis plusieurs années".

L'enquête pénale qui le visait avant l'attentat de Vienne portait notamment sur des soupçons de violation de l'article 2 de la loi fédérale sur l'interdiction des groupes "Al-Qaida" et "Etat islamique" et des organisations qui leur sont associées.

Le parquet fédéral suisse a confirmé que l'auteur de l'attaque qui a fait quatre morts lundi soir à Vienne et les deux hommes arrêtés en Suisse "se connaissaient".

Les autorités helvétiques travaillent actuellement en étroite collaboration avec les autorités autrichiennes pour clarifier les liens entre les trois hommes.

Winterthour a déjà défrayé la chronique de l'islamisme radical. En 2017, l'imam éthiopien de la mosquée An'Nur avait été inculpé pour avoir appelé au meurtre de musulmans non pratiquants.

Et en septembre, le Tribunal pénal fédéral a condamné à quatre ans et un mois de prison ferme un partisan de l'Etat islamique d'une trentaine d'années, surnommé dans les médias l'"émir de Winterthour" en raison de sa personnalité influente dans les cercles islamistes de cette localité située près de Zurich.

Qualifié de "figure de proue salafiste en Suisse" par le MPC, l'homme, double national suisse et italien, recrutait des jeunes gens afin de les envoyer en Syrie pour le compte de l'Etat islamique.

La procédure à son encontre a été ouverte en février 2015.

Environ 70 procédures pénales sont en cours au MPC dans le domaine du terrorisme à motivation djihadiste.

Elles sont principalement menées pour des soupçons de propagande ou de recrutement pour des organisations terroristes, de financement de ces organisations et contre les voyageurs du djihad, y compris ceux que l'on appelle les voyageurs du retour.