Inès Madani, qui était âgée de 19 ans au moment des faits et qui avait fait appel de sa condamnation, n'a pas semblé réagir à l'énoncé du verdict, après près de cinq heures de délibérations.

Dans ses derniers mots à la cour avant que celle-ci ne se retire pour délibérer, l'accusée, veste noire sur chemise blanche, cheveux bruns retenus en chignon, a assuré avoir "changé" et s'est présentée comme une "repentie".

"Aujourd'hui, je ne suis plus la même personne qu'il y a cinq ans", a-t-elle lancé, ajoutant "(regretter) sincèrement" les faits et "leur gravité".

Ses avocats Daphné Pugliesi et Tewfik Bouzenoune avaient demandé vendredi à la cour "un peu d'espoir", avec une peine "un peu en-dessous de trente ans, vu sa totale reconnaissance des faits, vu son jeune âge".

L'avocat général, Guillaume Portenseigne, avait au contraire estimé "totalement inconcevable" qu'Inès Madani, restée "loin d'une déradicalisation", "puisse être condamnée à moins de trente ans de réclusion criminelle" pour cette tentative d'"attentat de masse".

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, Inès Madani et une autre jihadiste, Ornella Gilligmann - condamnée définitivement à 25 ans de réclusion - avaient garé une voiture contenant six bonbonnes de gaz devant la terrasse bondée d'un restaurant près de Notre-Dame de Paris, et avaient essayé de l'incendier avec du gasoil.

Seul ce mauvais choix de ce carburant, difficilement inflammable, a permis d'éviter une explosion meurtrière.

Inès Madani a également été condamnée pour avoir, lors de sa cavale, tenté d'assassiner un policier de la DGSI. Elle avait été arrêtée, un couteau à la main, le 8 septembre 2016 à Boussy-Saint-Antoine (Essonne).

La cour d'assises spéciale a par ailleurs condamné à cinq ans d'emprisonnement Mohamed Lamine Aberouz, qui était rejugé dans un autre volet de l'affaire, pour le délit de non-dénonciation de crime terroriste. Son avocat Vincent Brengarth avait plaidé l'acquittement.