L'explosion a tué une personne et fait plusieurs blessés. Un ancien cabinet d'avocats ou Sarkozy était associé était visé

PARIS L'explosion d'un colis piégé a tué la secrétaire d'un avocat, âgée de 60 ans, et fait un blessé grave jeudi dans un cabinet d'avocats au 52 boulevard Malesherbes dans le VIIIe arrondissement de Paris, a-t-on appris de sources judiciaires et policières.
Le colis était adressé à un collaborateur du cabinet de Me Catherine Gouet-Jenselme situé au 4e étage de cet immeuble qui abrite aussi le cabinet d'avocats dans lequel Nicolas Sarkozy a été associé, selon une source judiciaire.

Outre le décès d'une secrétaire, un avocat du cabinet, Me Olivier Brane, spécialiste en droit immobilier, a été grièvement blessé lors de l'explosion et transporté à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, a-t-on précisé de source policière, en ajoutant que d'autres personnes avaient été plus légèrement blessées dans cette déflagration.

Le procureur de la République, Jean-Claude Marin, est arrivé sur place dans l'après-midi, tout comme le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel, tandis que la préfecture de police de Paris parlait d'"attentat".
Jean-Claude Marin a annoncé sa décision de saisir "la brigade criminelle de la préfecture de police afin de poursuivre l'enquête".
De source policière, on précisait que la section antiterroriste de la brigade Criminelle était saisie des investigations.

"Nous sommes actuellement en recherches de tous les indices possibles et imaginables", a déclaré le procureur.
D'après lui, l'explosion s'est produite à 12h50 "au 4e étage dans le hall d'un cabinet d'avocats". "Des premiers éléments de l'enquête, il ressort qu'un coursier a apporté un colis dans une cassette", colis qui "contenait deux explosifs" ayant explosé au moment de l'ouverture.
"L'assistante de ce cabinet d'avocats qui ouvrait ce colis a été tuée", a-t-il ajouté. "Par ailleurs, un des associés de ce cabinet qui était non loin de cette assistante" a été "blessé" et est "actuellement hospitalisé", tandis qu'une "dizaine de collaborateurs de ce cabinet, secrétaires" et "employés se trouvent en état de choc du fait de l'effet de blast".

"Bien sûr, la police scientifique et technique travaille sur les lieux", "nous relevons éventuellement les prises d'images qui auraient pu être prises de l'arrivée de ce coursier", a expliqué Jean-Claude Marin, précisant que le cabinet faisait "essentiellement des procès ou des conseils dans des matières civiles et commerciales". "Les mobiles qui ont pu pousser à cet acte sont pour l'instant totalement inconnus", a-t-il souligné.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a condamné "avec la plus grande fermeté cet acte lâche et odieux", selon un communiqué diffusé par ses services qui font aussi état d'un mort, d'un blessé grave et de plusieurs personnes "choquées" dans l'explosion d'un colis piégé dans le VIIIe arrondissement de Paris.

Mme Alliot-Marie a "immédiatement envoyé son directeur de cabinet sur les lieux de l'explosion et rentre de Bruxelles où elle devait participer à une réunion des Ministres de l'Intérieur" de l'UE, a ajouté le ministère. "Elle se rendra sur les lieux dès son arrivée"
Une "malheureuse employée vient de payer de sa vie un service tout à fait anodin et normal dans un cabinet", a commenté le bâtonnier de Paris Christian-Charrière Bournazel, en ajoutant que Me Brane, blessé, serait hors de danger. "Nous ne savons pas les motifs, et puis sur le même palier, il y a la fondation de la Shoah, je suis incapable de vous dire si ça a un rapport".

La préfecture de police de Paris a fait état d'un "attentat", précisant qu'un "paquet" avait explosé.
Le périmètre a été verrouillé alors que le préfet de police de Paris et le directeur de cabinet se sont rendus sur place, a-t-on expliqué à la préfecture.
"Nous ne savons pas les raisons de cet attentat", a déclaré le maire de Paris Bertrand Delanoë sur place, en jugeant qu'il s'agissait d'un acte "grave" à "condamner avec la plus grande netteté".

"En tant qu'élue, en tant que citoyenne, en tant que Parisienne, c'est un acte odieux, ce sont des innocents", a pour sa part souligné Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie de Paris. "Cette femme (la secrétaire) a payé de sa vie en ouvrant un paquet, en remplissant son devoir, en faisant son travail".
Au 52 boulevard Malesherbes, se trouve également le siège de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.