Le ministère américain de la Justice va demander à la Cour suprême de réexaminer l’annulation de la condamnation à mort de Djokhar Tsarnaev pour l’attentat à la bombe du marathon de Boston en 2013, comme demandé par Donald Trump début août. "Après de longues délibérations, et la prise en compte de l’opinion des nombreuses victimes de cette affaire, le ministère de la Justice va demander à la Cour Suprême de réexaminer la décision de la cour d’appel d’annuler la condamnation à mort" de M. Tsarnaev, a indiqué le procureur fédéral du Massachusetts, Andrew Lelling.

"Notre espoir est que cela aboutisse au rétablissement de la peine initiale et d’éviter un nouveau procès de la partie concernant la peine de mort", a-t-il ajouté.

Le 31 juillet, une cour d’appel de Boston avait annulé cette condamnation à mort, et renvoyé le dossier au tribunal compétent pour décider d’une nouvelle peine

Les juges de cette cour avaient notamment retenu l’argument de la défense selon lequel le processus de sélection des jurés avait été entaché d’irrégularités. Ils avaient souligné que Djokhar Tsarnaev resterait condamné, au minimum, à la perpétuité.

Mais Donald Trump avait critiqué leur décision, estimant que "la peine capitale avait rarement été aussi méritée" que pour M. Tsarnaev.

"Le gouvernement fédéral doit à nouveau réclamer la peine de mort […] notre pays ne peut pas laisser la décision d’appel en vigueur", avait-il tweeté.

Étudiant d’origine tchétchène, Djokhar Tsarnaev avait été condamné à mort en juin 2015 pour avoir posé, avec son frère aîné, Tamerlan, deux bombes artisanales près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston, faisant trois morts et 264 blessés.

Sa défense a toujours affirmé que le jeune homme, âgé de 19 ans à l’époque (27 aujourd’hui), était sous l’influence de son aîné, tué par les forces de l’ordre trois jours après l’attentat.

Lors de leur cavale, les deux frères ont abattu un policier.

Donald Trump réclame régulièrement un usage renforcé de la peine de mort et à l’approche de l’élection du 3 novembre, son gouvernement semble décidé à procéder à un nombre record d’exécutions fédérales.

Renouant avec une pratique interrompue depuis 17 ans, le gouvernement républicain a déjà procédé à trois injections létales en juillet, et d’autres sont prévues d’ici la fin septembre.