Deux mois après l'ouverture de ce procès historique devant la cour d'assises spéciale, "le temps est venu pour les victimes de prendre la parole une dernière fois", a déclaré Me Claire Josserand-Schmidt, représentant l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT).

Le procès des attaques sanglantes contre Charlie Hebdo, une policière à Montrouge, et le magasin Hyper Cacher, est une "réponse au terrorisme dont on n'entrevoit toujours pas le début de la fin", a souligné l'avocate.

Le terrorisme islamiste, celui de Mohamed Merah au Bataclan d'une "troisième génération du jihad, qui vient des prisons et des quartiers", a les 7, 8 et 9 janvier 2015 "tué des juifs, des policiers et des journalistes", a poursuivi Me Josserand-Schmidt.

"C'est encore celui qui a frappé notre audience", a noté l'avocate de l'AFVT, citant l'attaque au hachoir près des anciens locaux de Charlie Hebdo, le 25 septembre, la décapitation du professeur Samuel Paty le 16 octobre, et "très probablement", l'attaque au couteau de Nice jeudi matin.

Le procès des attentats de janvier 2015 est "un procès pour l'Histoire, histoire qui en réalité n'en finit jamais de se répéter", a estimé Claire Josserand-Schmidt, plaidant pour "empêcher que ça recommence indéfiniment".

"Tous les jours, on se lève pour qu'on ne coupe plus les têtes des professeurs dans les collèges, pour qu'on ne tue plus les journalistes pour un peu d'humour, pour qu'on ne tue plus les juifs parce que juifs", a encore déclaré la représentante de l'AFVT.

"74 plaidoiries" de parties civiles prévues sur "quatre jours", au nom des 17 victimes des attentats de janvier 2015, des blessés et des "familles inconsolables", "c'est beaucoup" mais "aucune victime n'a choisi d'être ici", a remarqué Me Josserand-Schmidt.

"Ce procès, c'est le procès de la liberté fait à la terreur islamiste", ont plaidé à sa suite les avocates de la Licra, Galina Elbaz et Yaël Scemama, qui ont salué "la dignité" des victimes.

"La Licra est Charlie et sera toujours Charlie", a ajouté Me Scemama.

Le réquisitoire du parquet national antiterroriste (Pnat) est attendu mercredi après-midi et jeudi. La défense plaidera ensuite jusqu'au 11 novembre.

Verdict attendu le 13 novembre.