5 heures du matin, entrée des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou où une soixantaine de victimes dont vingt dans un état critique ont été admises, le personnel médical est exténué mais toujours à pied d’œuvre pour poursuivre sa mission. Nadia, cadre-infirmière, qui a pris son service vendredi à 11 heures, résume, les larmes aux yeux : « C’est dur. Vraiment très dur. »

Et de souligner : « A partir du moment où le plan blanc a été déclenché, il y a eu une énorme mobilisation, on a reçu des coups de téléphone de partout. Nos collègues qui travaillent de jour ont rappelé dès qu’ils ont appris ce qu’il s’est passé, des médecins, des infirmiers – dont certains ne travaillent pas sur Paris mais y passaient juste des vacances – sont revenus spontanément pour nous prêter main forte. Je suis fière de notre personnel. »

Sous le coup de l'émotion, une médecin-urgentiste confie quant à elle sous couvert d’anonymat avoir pris conscience de l’ampleur des événements qu’au fur et à mesure de l’arrivée des blessés : « On ne réalise pas encore. Comme on a d’abord réceptionné les victimes de la fusillade qui avait eu lieu dans le restaurant Le Petit Cambodge, on a d’abord pensé à un règlement de comptes avant de comprendre ce qu’il s’était réellement passé. »

Le plan blanc déclenché

Le plan blanc, déclenché vendredi soir par l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, est un dispositif de mobilisation maximale prévu pour les situations sanitaires d'urgence et de crise.

Inscrit dans la loi depuis 2004, il définit les dispositifs de crise dont disposent les établissements de santé publics et privés et leur permet de mobiliser et d'organiser immédiatement les moyens humains et matériels pour faire face à l'afflux de patients ou de victimes.

Un plan blanc permet de déprogrammer des activités non indispensables, d'ouvrir des lits supplémentaires, de renforcer ponctuellement les équipes de professionnels de santé dans les établissements en difficulté.

Il fixe ainsi les modalités selon lesquelles le personnel nécessaire peut être maintenu sur place et, le cas échéant, rappelé lorsque la situation le justifie, détaille l'AP-HP sur son site internet.

Tous les professionnels d'un établissement (administratifs, médecins, soignants, personnels techniques) sont impliqués.

Le plan blanc a déjà été déclenché par le passé pour faire face par exemple à des épidémies de grippe et de gastro-entérite.

Le plan blanc doit être régulièrement testé dans le cadre d?exercices dont la fréquence est au minimum annuelle.