Le phénomène s'est produit sur un terrain militaire près d'Holstebro (ouest), dans un des charniers improvisés pour enterrer la masse impressionnante d'animaux euthanasiés, selon des images diffusées par la télévision publique DR.

Remontées de terre sous la pression accumulée des gaz de pourrissement, les carcasses de visons n'y sont plus recouvertes que par une fine couche de chaux et d'une terre très sablonneuse, qui aurait facilité le phénomène selon la police locale.

Dans un communiqué, le ministère de l'Environnement et de l'Agriculture affirme que les visons sont recouverts d'un mètre et demi à deux mètres de terre. Mais selon DR, ils n'étaient dans ce champ qu'à un mètre de profondeur.

"L'État joue avec notre nature et l'utilise comme une décharge", a déploré Leif Brøgger, un conseiller municipal d'Holstebro, cité mercredi par le quotidien Jyllands-Posten.

Les bêtes qui resurgissent ont de surcroît été enterrées à 200 mètres d'un lac, soit 100 mètres de moins que les recommandations. Ce qui fait craindre des problèmes de pollution au phosphore et à l'azote, à laquelle les autorités ont promis de remédier.

Pour le ministère, la réapparition des carcasses est "un problème temporaire lié au processus de putréfaction des animaux".

"La zone va être surveillée 24 heures sur 24 jusqu'à l'installation de clôtures (...) et les visons morts sont régulièrement recouverts" de terre, a-t-il indiqué.

Photos et vidéos ont donné lieu à de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux, un internaute sur Twitter qualifiant 2020 d'"année des visons mutants tueurs zombies".

Début novembre, le Danemark avait annoncé abattre son immense cheptel de plus de 15 millions de visons, à cause d'une mutation problématique du coronavirus via ces mustélidés qui pouvait selon des études préliminaires menacer l'efficacité du futur vaccin pour les humains.

Deux semaines après avoir lancé l'alerte - et au beau milieu d'une crise politique liée au manque de fondement juridique de la décision - le gouvernement a conclu jeudi que cette menace potentielle pour les vaccins humains était "très probablement éteinte", en l'absence de nouveau cas détecté.

Plus de 10 millions de visons ont déjà été euthanasiés, selon le dernier bilan en date.