Comme les officiels de l'armée, l'agence fédérale de contrôle nucléaire jugent le lien nettement improbable

BRUXELLES Un lien entre les problèmes de santé rencontrés par des soldats occidentaux ayant servi dans les Balkans et une exposition à l'uranium appauvri est `nettement improbable´, a estimé samedi l'Agence fédérale belge de Contrôle nucléaire.

`Un tel lien direct est actuellement souvent posé d'emblée alors que scientifiquement, il s'avère nettement improbable´, écrit l'agence dans un communiqué publié sur son site internet (www.fanc.fgov.be). L'Agence fédérale, créée en 1994, relève du ministre belge de l'Intérieur.

`Les symptômes cliniques décrits dans le cadre du Syndrome des Balkans ne concordent pas avec les effets nocifs de l'uranium, tels qu'ils sont connus actuellement dans le monde scientifique. De plus, de tels symptômes sont rapportés pour des personnes n'ayant pas séjourné dans des zones de tir´, ajoute le communiqué.

`La probabilité est tellement faible que l'on peut considérer qu'il s'agit d'une quasi-certitude, tout au moins pour les soldats qui n'ont pas été exposés directement aux retombées´, a renchéri le directeur de l'Agence, Jean-Paul Samain, dans une interview publiée samedi dans La Libre Belgique.

Mais Jean-Paul Samain considère que les risques d'exposition à l'uranium appauvri sont plus grands pour la population locale des Balkans, en particulier les enfants, et les militaires serbes qui ont subi directement les tirs de l'Otan à uranium appauvri.

Le dangerest pourtant réel

Le directeur de l'Agence souligne les dangers de la `contamination des sols et des nappes phréatiques qui fournissent l'eau potable´.

Le ministère belge de la Défense a procédé à des recherches de contamination des sols en uranium au Kosovo. Mais sur 156 échantillons prélevés à 52 endroits différents, aucun n'a révélé la présence d'uranium appauvri, `malgré les limites de détection très basses de l'appareillage utilisé´, indique le communiqué de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire.

Le Comité médical de l'Otan se réunit lundi pour évoquer les risques éventuels pour la santé de l'utilisation de munitions à l'uranium appauvri, une question qui suscite un grand émoi en Europe depuis plusieurs jours, en raison du décès suspect de militaires européens ayant servi en Bosnie et au Kosovo.

La réunion du Comité médical de l'Otan se déroulera à l'état-major des forces armées belges. Le comité est présidé par le chef des services de santé militaires belges, le général Roger Van Hoof.

Les médecins de l'armée avaient déjà évoqué la possibilité minimale qu'l y a it un lien scientifiquement perceptible entr el'uranium appauvri et le syndrome des Balkans. La région du château de Darda où ont séjourné les militaires belges qui ont été les plus affectés par le syndrome, voire par des cancers mortels, n'aurait pas été touchée par des munitions à l'uranium appauvri.