"Il y a des gens qui suggèrent qu'il va y avoir une présentation d'un nouveau système d'armement" lors des célébrations prévues le mois prochain, a déclaré le général Abrams au cours d'une conférence en ligne organisée par le Center for Strategic and International Studies (CSIS).

"Peut-être, mais nous ne voyons aucun signe à l'heure actuelle qu'ils vont se déchaîner", a-t-il ajouté, rappelant que le régime de Pyongyang est confronté aux dégâts provoqués par le typhon Maysak et à la double pression des sanctions internationales et de la pandémie de Covid-19.

Le CSIS a publié sur son site une image satellite du chantier naval nord-coréen de Sinpo South, montrant des signes d'activités, ce que le centre de réflexion américain considère comme de possibles préparations pour le lancement d'un missile balistique stratégique à partir d'une plateforme sous-marine.

Un nouvel essai balistique nord-coréen témoignerait du manque de progrès dans les négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, au point mort malgré trois rencontres du président Donald Trump, qui brigue un deuxième mandat en novembre, avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Premier président américain en exercice à rencontrer un membre de la dynastie des Kim, qui règne sur la Corée du Nord depuis sa création, M. Trump s'est félicité jeudi de la bonne santé de Kim Jong Un.

"Kim Jong Un est en bonne santé. Ne le sous-estimez jamais!", a-t-il tweeté sans plus d'explication.

Le général Abrams a également affirmé, lors de la conférence en ligne, que Pyongyang avait donné pour instruction de "tirer pour tuer" à sa frontière avec la Chine afin d'empêcher le nouveau coronavirus d'entrer dans son territoire

La Corée du Nord, particulièrement vulnérable en raison d'un système médical défaillant, a affirmé jusqu'à présent ne pas avoir enregistré sur son sol de cas de Covid-19. Le pays a fermé ses frontières fin janvier avec la Chine, son principal allié, au moment où l'épidémie explosait, imposant des restrictions drastiques à sa population.

Une nouvelle "zone tampon d'un ou deux kilomètres" a été instaurée, selon le militaire. "Ils ont là-bas les forces spéciales nord-coréennes. Des forces d'intervention. Ils ont reçu des ordes de +tirer pour tuer+", a-t-il affirmé, expliquant que les autorités de Pyongyang avaient dû faire face à l'essor de la contrebande après la fermeture de la frontière.