Monde Voilà bientôt une semaine que le Boeing MH370 de Malaysia Airline a disparu des écrans radars. Et toujours aucune traces de l'avion: ni traînées de kérosène sur la mer, ni débris flottant entre deux eaux.

Qu'est devenu l'avion? Parmi d'autres hypothèses, dont celle d'un crash ou d'une explosion en vol, la possibilité d'un détournement fait de plus en plus son chemin. Selon l'agence Reuters, citant des sources proches de l'enquête, l'avion aurait dévié de sa route initiale vers Pékin pour bifurquer vers les îles Andaman, un archipel dans le Golfe du Bengale, à l'ouest des côtes birmanes.

Depuis ce vendredi matin, toute l'attention des enquêteurs est tournée vers ce secteur où la marine indienne a d'ailleurs envoyé six navires et cinq avions. Mais comment et surtout pourquoi le vol MH370 s'est-il retrouvé dans cette zone? Selon des données radars citées par Reuters, l'appareil aurait délibérément changé sa route, peut-être sur décision de quelqu'un doué de compétences en pilotage.

Le Boeing aurait ensuite volé pendant plusieurs heures avant de disparaître complètement. Cette hypothèse est mise à mal par certains experts, dont Neil Hansford, président du cabinet de consultants Strategic Aviation Solutions, cité par l'AFP. "Qu'un appareil disparaisse totalement, à ce niveau de technologie, à cette époque, dans le ciel très animé d'Asie du sud-est est totalement incongru." Car, si l'avion a réellement changé de route, comment se fait-il qu'aucun appareil militaire de l'espace aérien concerné n'a décollé pour aller à sa rencontre? 

Complicités?

Alors, les auteurs de ce potentiel détournement ont-ils bénéficié de complicités au plus haut niveau? De la part d'un Etat par exemple? Certains médias n'hésitent pas à spéculer à grande échelle. Ainsi, le Daily Mail publie sur son site internet une carte montrant jusqu'où un appareil de cette taille pourrait voler avec 5 heures de carburant dans ses réservoirs. Après avoir survolé l'Inde, le Boeing aurait pu atteindre le Pakistan... 

Mais faire atterrir un long courrier avant de le cacher nécessite des compétences techniques et de l'aide matérielle. À commencer par une piste d'atterrissage suffisamment longue. Pour un appareil de cette taille, comptez une piste de 1.500 mètres environ. Il en existe dans la zone concernée. Et ensuite? Mystère. L'avion a-t-il fait le plein avant de repartir pour une destination inconnue? A-t-il été caché dans un hangar? 

Pour John Hansman, professeur d'aéronautique au MIT, cité par boston.com , "la probabilité de cacher un avion quelque part dans un aéroport est plutôt basse"... mais pas nulle pour autant! Surtout si vous avez l'aide d'un gouvernement. Et là "c'est une tout autre histoire", assure l'expert. 

Autant de suppositions invitent à la prudence. Surtout que, entre les informations parcellaires des autorités malaisiennes et l'intox de médias internationaux spécialistes en conditionnels, la vérité semble aussi difficile à trouver que le MH370 lui-même.