En 2010, la Belgique a reçu plus de demandes qu’Italie, Espagne et Pologne réunies. Elle figure dans le top 5 de l’UE

EUROPE Si l’Union européenne dans son ensemble connaissait une baisse des demandes d’asile l’année dernière, ce ne fut pas le cas de notre pays. “Il y a eu un certain tassement au niveau européen, pas en Belgique, où la demande a grimpé d’environ 15 %” , convient Benoît Mansy, porte-parole de Fedasil.

Avec 19.940 demandes, la Belgique se situe au cinquième rang européen, seulement devancé par de grands pays tels, dans l’ordre, la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni (4e).

Le 3e de ce classement est la Suède, dont la politique en matière d’asile semble plus large encore que celle de notre pays.

Cela se remarque de manière plus nette si l’on étudie le tableau des demandes d’asile par rapport au nombre d’habitants.

Dans ce cas, la Suède prend la tête du classement (avec 3,4 demandeurs d’asile pour 1.000 habitants), devant Chypre (3,3) et la Belgique (1,9), 3e. La moyenne de l’UE étant de 0,5, nous y sommes donc quatre fois supérieurs !

Comment cela s’explique-t-il ? Pour Vanessa Saenen, porte-parole belge de l’agence des réfugiés des Nations unies (HCR), “cela change souvent. C’est peut-être parce qu’actuellement les politiques d’asile de nos voisins sont plus strictes. Cela prouve en tout cas l‘importance de rapidement construire une politique harmonisée au sein de l’Union européenne.”

Prévue de longue date, cette politique harmonisée ne devrait toutefois pas être mise sur rails avant “assez longtemps”

En attendant, en Belgique, on vit un peu “une nouvelle crise de l’asile” , nous dit-on.

“La durée moyenne d’un traitement de dossier est d’environ 9 mois et demi. L’aide matérielle apportée (chez nous, aucune aide financière n’est octroyée) est donc conséquente et nous sommes pour l’instant en rupture de places et de budget” , complète un acteur de la filière.



© La Dernière Heure 2011