Il s'en prend à la politique du président américain Barack Obama à l'égard du monde musulman

Obama en Arabie-Saoudite, 1ère étape de sa tournée au Proche-Orient


DUBAI Le président américain Barack Obama était à peine arrivé mercredi à Ryad que le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, l'a accusé de "suivre la même politique d'hostilité" à l'égard des musulmans que son prédécesseur George W. Bush, et de susciter "plus de haine" contre l'Amérique.
La tirade du numéro un d'Al-Qaïda survient à la veille d'un grand discours de réconciliation avec le monde arabo-musulman que M. Obama doit prononcer jeudi au Caire, et aussi au lendemain d'une attaque similaire contre le président américain par l'adjoint de ben Laden, l'Egyptien Ayman Al-Zawahiri.
Le discours du Caire suscite un énorme intérêt dans la région, M.Obama ayant tendu la main aux musulmans dès son arrivée à la Maison Blanche et assuré que les Etats-Unis n'étaint "pas et ne seraient jamais en guerre contre l'islam".
Les propos attribués au leader d'Al-Qaïda étaient contenus dans un enregistrement audio dont la chaîne satellitaire Al-Jazira du Qatar a diffusé plusieurs extraits juste après avoir retransmis en direct l'arrivée de M. Obama en Arabie saoudite.

L'authenticité de l'enregistement ne pouvait être vérifiée dans l'immédiat.
Barack "Obama suit les pas de son prédécesseur dans sa politique d'hostilité à l'égard des musulmans (...). Il pose ainsi les fondements à des guerres de longue durée", a déclaré la voix attribuée à Oussama ben Laden.
"Obama et son administration ont jeté les semences pour plus de haine et de volonté de revanche contre l'Amérique", a-t-il poursuivi en donnant comme exemple l'offensive de l'armée pakistanaise contre les talibans dans la vallée de Swat.

"Le nombre de ces semences équivaut au nombre de ceux qui ont souffert et de ceux qui ont été déplacés de la vallée de Swat", a-t-il dit.
L'armée pakistanaise a lancé il y a cinq semaines une vaste offensive contre les talibans dans le nord-ouest du Pakistan, assurant avoir tué plus de 1.300 insurgés. Selon l'ONU, près de 2,5 millions de civils ont été déplacés par les combats.

"Que le peuple américain se prépare à continuer de cueillir les fruits de ce qui a été semé par les dirigeants de la Maison Blanche pendant les années et les décennies à venir", a lancé le chef d'Al-Qaïda.
Il a reproché au président pakistanais Asif Ali Zardari d'avoir "reçu avec son armée les ordres d'Obama pour empêcher les habitants de Swat d'appliquer la charia", la loi islamique.

Selon lui, le président Zardari a détourné l'armée pakistanaise de sa mission initiale consistant à "protéger les musulmans" et l'a incité à "les attaquer en application d'un complot des Américains, des sionistes et des Indiens visant à démembrer le Pakistan".

Réagissant à l'enregistrement, un responsable saoudien a estimé qu'il s'agissait d'un "acte de désespoir" d'Oussama ben Laden, qui a été déchu de sa nationalité saoudienne.

Les dirigeants d'Al-Qaïda "continuent de faire leurs déclarations en se cachant dans une grotte", a commenté auprès de l'AFP ce responsable du ministère de l'Information, Nial al-Jubeir.

Ce message est le deuxième en 24 heures du réseau extrémiste.
Le N.2 d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, avait estimé mardi que le discours du Caire du président américain n'était qu'une "opération de relations publiques".
Le dernier message de ben Laden remontait au 19 mars, lorsqu'il avait appelé les radicaux islamistes en Somalie à renverser le président Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste modéré élu fin janvier.

Il s'agit du quatrième enregistrement audio de Ben Laden en 2009.
Toujours traqué mais à ce jour introuvable, Oussama ben Laden, dont la tête est mise à prix pour 50 millions de dollars par les Etats-Unis, a revendiqué la responsabilité des attentats du 11-Septembre.
Il se cacherait dans des zones difficilement accessibles aux confins de l'Afghanistan et du Pakistan.

© La Dernière Heure 2009