Plus de temps à perdre pour le Pape dont les jours sont comptés


CITÉ DU VATICAN Depuis l'annonce de sa démission le 11 janvier, Benoît XVI a adopté une salve de mesures qui bouclent certains dossiers en attente au Saint-Siège, faisant place nette pour le prochain pontificat, observe-t-on vendredi au Vatican.

Certaines mesures étaient attendues depuis longtemps, comme le renouvellement de la commission cardinalice de surveillance de la banque du pape, l'IOR, et la nomination à sa tête d'un nouveau président, l'industriel allemand Ernst von Freyberg, pour remplacer le banquier italien Ettore Gotti Tedeschi, limogé en mai.

D'autres sont plus surprenantes comme la promotion-mutation comme nonce à Bogota du numéro deux des Affaires étrangères à la Secrétairerie d'Etat, Mgr Ettore Balestrero.

"Ce dynamique diplomate chargé de nombreux dossiers chauds n'a-t-il pas été éloigné ?", se sont interrogés les médias.

Des nominations en série ont eu lieu, par exemple pour le poste délicat d'archevêque à Tunis, mais aussi des restructurations de diocèses en difficulté, et quelques démissions d'évêques qui n'étaient pas à la hauteur de leurs fonctions.

Les dossiers italiens en souffrance n'ont pas été en reste: le pape a ainsi confié la charge de la "congrégation des Fils de l'Immaculée Conception" au cardinal Giuseppe Versaldi, président de la Préfecture des affaires économiques, alors qu'une de ses structures hospitalières, l'Institut dermopathique de l'immaculée (Idi), a pâti de graves erreurs de gestion.

Le cardinal Versaldi, nommé délégué pontifical, aura ainsi la tâche de mener ces structures vers un "possible assainissement économique". Sous le règne de Benoît XVI, le Saint-Siège aura eu à régler des faillites et des cas de mauvaise gestion dans des instituts religieux, notamment de santé, en Italie.

Le Vatican a par ailleurs précisé que le dossier brûlant des Lefebvristes qui ne reconnaissent pas le Concile Vatican II serait transmis au prochain pape.
Benoît XVI donne l'impression d'avoir voulu préparer son départ et de faire place nette.

Dans les mois précédents, plusieurs nominations importantes avaient été annoncées, comme celle du nouveau procureur de justice anti-pédophilie, le père américain Robert Oliver, celle du nouveau président de la Maison pontificale Georg Gänswein, ancien secrétaire particulier de Benoît XVI, ou encore de Mgr Eamon Martin, au poste d'évêque coadjuteur du diocèse d'Armagh (Irlande), secoué par les scandales pédophiles.

Selon toute vraisemblance, ce nouvel évêque prendra donc la place de l'archevêque Sean Baptist Brady, dont l'attitude dans ces scandales est critiquée.

© La Dernière Heure 2013