Berlusconi ne renonce pas

Monde

H. Le.

Publié le - Mis à jour le

Le président du Conseil sortant n'entend pas accepter sa défaite

ROME Les heures et les jours qui passent n'amenuisent en rien le courroux de Silvio Berlusconi. La défaite d'extrême justesse enregistrée par son cartel de la droite, il refuse de l'envisager et a décidé de mettre en branle tous les arguments juridiques et polémiques dont il dispose pour tenter si pas d'inverser, au moins d'invalider la donne.

Silvio Berlusconi a ainsi affirmé vendredi sa ferme intention de «résister» et de ne pas reconnaître la victoire de l'Union de la gauche aux élections législatives.

«Nous continuons. Nous résisterons», a-t-il déclaré à un groupe de personnes rencontrées à la sortie de sa résidence, rue du Plébiscite, dans le centre historique de Rome.

Silvio Berlusconi a fait stopper sa voiture et est venu au-devant des curieux, dont certains l'encourageaient.

Le chef du gouvernement se rendait à l'aéroport pour passer les fêtes de Pâques à Milan où réside sa famille.

Silvio Berlusconi refuse de reconnaître la victoire de son adversaire, Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne devenu chef de l'Union des partis de la gauche, aux élections législatives des 9 et 10 avril.

Il a dénoncé des «fraudes massives et des magouilles à n'en plus finir» commises en faveur de Romano Prodi lors du scrutin et a réclamé la vérification des bulletins de vote contestés.

L'erreur qui accentue le malaise

Un argumentaire renforcé par un énorme sentiment de malaise issu de ce que le ministère italien de l'Intérieur italien a présenté comme une «erreur».

En effet, ce ministère - toujours entre les mains de la droite - a reconnu vendredi avoir fait une énorme erreur dans le décompte de ces bulletins, dont le nombre «passe de 43.028 à 2.131 pour la Chambre des députés et de 39.822 à 3.135 pour le Sénat», a-t-il annoncé dans un communiqué.

«Le premier calcul, provisoire, a été le résultat d'une erreur matérielle», a reconnu le ministère.

Et les premiers contrôles sur ces bulletins contestés ont permis d'attribuer plus de 300 votes: 163 à la coalition de Silvio Berlusconi et 150 à l'Union de la gauche de Romano Prodi, indiquent les médias italiens.

Les vérifications vont prendre plusieurs jours et la Cour de cassation devra ensuite valider les résultats des législatives. La procédure devrait être terminée la semaine prochaine, selon la presse.

«Notre victoire se confirme», a commenté le chef de l'Union de la gauche Romano Prodi. «C'est la fin d'une grave et pénible affaire», a renchéri Francesco Rutelli, chef du parti de la Marguerite (centre gauche).

«Le communiqué du ministère de l'Intérieur ne clôt pas l'affaire», a toutefois averti Ignazio La Russa, un des responsables de l'Alliance nationale, le parti de droite dirigé par le chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini. «De graves irrégularités ont été commises», a-t-il insisté.

«Prodi ne doit pas encore chanter victoire», a pour sa part averti Luigi Casero, membre de Forza Italia, le mouvement de Silvio Berlusconi.

Prodi avait dû rêver à des débuts plus sereins à la tête de sa coalition hétéroclite.

© La Dernière Heure 2006

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