Ce type d'escroquerie est reconnu dans le droit pénal français et stigmatise des "manœuvres frauduleuses visant à tromper" des juges et tribunaux.

A l'origine du litige, une double procédure commerciale : l'une à Liège, l'autre en France. Le 30 avril 2020, le tribunal du commerce de Bobigny (France) a ordonné la liquidation des sociétés du Groupe Bernard Tapie. Mais le 21 décembre 2018, le tribunal de l'Entreprise de Liège avait déjà introduit la même procédure contre la filiale belge du Groupe, GBT Holding. Cette holding possède elle-même une société luxembourgeoise, South Real Estate Investment (SREI), dont l'unique vocation est de gérer une villa de quelque 70 millions d'euros situé à Saint-Tropez, où Bernard Tapie réside bien souvent. Le tribunal liégeois a nommé un curateur : Me Roman Aydogdu, avocat et professeur à l'Université de Liège.

En septembre 2020, le tribunal de Bobigny fixe au 14 octobre suivant l'audience pour étendre la liquidation à la société SREI. Affirmant ne pas avoir été informé dans les délais - ce que Bernard Tapie conteste -, le curateur Aydogdu obtient un renvoi de l'audience au 4 novembre.

Mais dans l'intervalle, le tribunal de l'entreprise de Liège prononce la faillite de la SREI. La vente de la villa revient donc à Me Aydogdu. Qui empocherait une commission de près de 800.000 euros sur une vente à 70 millions, selon les calculs des avocats de Bernard Tapie.

L'ex-patron d'Adidas reproche au Belge d'avoir manœuvré en coulisses pour, primo, gagner du temps avec la procédure française et, secundo, lancer en catimini la procédure de liquidation à Liège. Sans en informer les parties, en particulier Tapie lui-même.

Contacté par Le Soir mercredi, Roman Aydoglu a indiqué ne pas avoir connaissance de cette plainte. Sur le fond, il réserve ses éventuels commentaires à son retour de congés.