Monde 13 000 policiers et gendarmes ont veillé à la bonne tenue du sommet.

Désertés par les touristes, protégés par plus de 13 000 policiers et gendarmes, Biarritz et le Pays basque se sont transformés en camp retranché pour accueillir ce week-end le sommet du G7.

Donald Trump, Angela Merkel ou Boris Johnson ont été accueillis avec faste jusqu’à lundi dans la station balnéaire, ancien village de pêcheurs devenu le rendez-vous des têtes couronnées au XIXe siècle, puis aujourd’hui celui des surfeurs.

À une vingtaine de kilomètres, des milliers d’opposants ont déjà entamé leur "contre-sommet" à Hendaye et Irun (Espagne). Ils dénoncent un G7 placé par la France sous le signe de la lutte contre les inégalités - alors que, selon eux, Emmanuel Macron les creuse avec une politique trop libérale. Ils regrettent aussi la "démesure" d’un dispositif de sécurité "ahurissant".

Des ONG réunies au sein de Réseau action climat (RAC) ont déjà annoncé qu’elles boycotteraient le G7, dénonçant la décision de l’Elysée de "limiter le nombre d’accréditations des ONG" et de "les garder à l’écart du sommet".

Eprouvées par la crise des "gilets jaunes, les autorités françaises ont mis en place un "dispositif exceptionnel" pour une "vigilance maximale" : robots démineurs, drones, sauveteurs, plongeurs, brigades canines… avec l’appui de l’armée et de la sécurité civile.

"Nous ne tolérerons aucun débordement", a prévenu le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, identifiant "trois menaces majeures" : des débordements lors de manifestations, l’hypothèse terroriste et la menace de cyberattaques.

La France loue aussi sa "coopération exceptionnelle" avec Madrid, qui a mobilisé près de 3 000 forces de l’ordre, sans compter la police de la région autonome basque. La vue de véhicules de la "Guardia Civil" sur les routes côté français fait toutefois grincer des dents certains sympathisants de la cause indépendantiste basque.

Après de longs mois de crise des "gilets jaunes", policiers et gendarmes doivent à nouveau se mobiliser. Leur moral est "excellent", assurent les autorités françaises. Mais pour des syndicats de police qui dénoncent depuis des mois l’épuisement dans les rangs, le G7 vient comme "une cerise sur le gâteau" au goût amer.

Pour un éventuel traitement judiciaire de fauteurs de troubles, un dispositif spécial a été mis en place sur la Côte basque, avec 17 procureurs et 300 places de gardes à vue.

Selon l’Elysée, Biarritz attendait 2 000 journalistes accrédités et 3 000 membres des délégations, soit quelque 25.000 nuités pour les hôtels de la région, qui devraient compenser en partie la fuite des touristes.

La ville a été bouclée à double tour dès jeudi soir : deux zones très strictes ont été délimitées en centre-ville, la rouge et la bleue, et il faudra montrer patte blanche, un casse-tête pour habitants et commerçants.

Pour le maire Michel Veunac (Modem), critiqué par ses administrés pour avoir gâché la saison touristique, il n’était pas question de dire non à Emmanuel Macron, qui a personnellement choisi Biarritz.

"Comment notre ville, qui a historiquement une vocation d’accueil, aurait pu refuser le plus grand évènement de la planète ? ça ne se discute pas !", plaide l’édile.