Il ne semble plus croire à un accord rapide sur le Proche-Orient

JÉRUSALEM Tout espoir n'est pas perdu. Mais il semble pourtant de plus en plus improbable d'assister à une réelle percée dans les négociations sur le processus de paix au Proche-Orient d'ici le départ de la Maison Blanche du président Bill Clinton, qui espérait bien couronner d'un coup d'éclat diplomatique la fin de son double mandat.

Bill Clinton semble en effet désormais résigné à ce que le compromis de paix ne soit probablement signé qu'après l'investiture de George W. Bush, dans exactement une semaine. `Quoi qu'il arrive, ce sera du ressort de la prochaine administration et du vainqueur de l'élection israélienne, quel qu'il soit´, a-t-il ainsi confié vendredi à Reuters.

Israéliens et Palestiniens ont en tout cas annoncé hier la poursuite de leurs négociations, et ce en dépit de l'absence de résultats sur les questions de fond après une session marathon de pourparlers dans la nuit de jeudi à vendredi. `Il est difficile d'envisager des résultats dans les jours prochains´, a estimé Yasser Abed Rabbo, l'un des principaux négociateurs palestiniens. `Les divergences sont telles que je ne crois pas que l'on puisse les surmonter avant le départ du Président Bill Clinton le 20 janvier, ni même avant l'élection en Israël au poste de Premier ministre le 6 février´, a pour sa part estimé Danny Yatom, conseiller du Premier ministre israélien Ehoud Barak.

Les pierres d'achoppement restent nombreuses entre Israéliens et Palestiniens. Il y a bien entendu le sort futur de Jérusalem mais aussi la question du retour des Palestiniens.

Le gouvernement israélien semble farouchement opposé à accepter un retour, même symbolique, de réfugiés palestiniens, qui ont dû fuir leur maison en 1948 ou en 1967. Ils sont aujourd'hui plus de 3 millions. Accepter un tel droit au retour confinerait au `suicide´ pour l'Etat juif, estime l'ancien Premier ministre Shimon Pérès. Admettre un nombre restreint de Palestiniens serait en outre un dangereux précédent. C'est dire si le fossé entre les deux camps paraît bien large.

Or, Ehoud Barak doit arracher un compromis suffisamment solide pour pouvoir convaincre les Israéliens de le reconduire dans ses fonctions de Premier ministre le 6 février prochain. Pour l'instant, l'avenir politique du leader travailliste paraît totalement compromis: un électeur sur deux semble en effet décidé à voter pour son rival du Likoud, le faucon Ariel Sharon, à moins qu'Ehoud Barak ne s'efface à la dernière minute devant Shimon Pérès. Dans ce cas de figure, les cartes seraient totalement redistribuées.