Les 176 personnes à bord du vol PS-752 Téhéran-Kiev de la compagnie aérienne Ukraine International Airlines (UIA) - en majorité des Iraniens et des Canadiens, pour beaucoup binationaux - ont péri dans ce drame pour lequel le Canada et l'Ukraine ne cessent de demander des comptes à Téhéran.

A l'issue d'un rapport en anglais de plus de 145 pages, l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO) consacre deux paragraphes aux "causes de l'accident et (aux) facteurs y ayant contribué".

Le premier indique ce qui est déjà connu, à savoir que deux missiles tirés "par la défense aérienne" ont provoqué "l'écrasement de l'avion et son explosion immédiate au sol".

"Les mesures de prévention et les autres strates de protection dans le système de gestion des risques se sont avérées inefficaces à cause d'une erreur non prévue dans l'identification des menaces et au bout du compte elles ne sont pas parvenues à assurer la sécurité du vol contre les menaces causées par l'état d'alerte des forces de défense", indique le second paragraphe, sur "les autres facteurs" déterminants.

Cette nuit-là, les défenses aériennes de l'Iran étaient en état d'alerte maximale par crainte d'une attaque américaine. L'Iran venait d'attaquer une base utilisée par l'armée américaine en Irak en riposte à l'élimination cinq jours plus tôt, dans une frappe américaine à Bagdad, du général Qassem Soleimani, artisan de la stratégie régionale de l'Iran, et s'attendait à une réplique de Washington.

En juillet 2020, dans un rapport d'étape, la CAO avait jugé que l"élément clef" à l'origine du drame du Boeing ukrainien était une "erreur humaine", le mauvais réglage d'un radar militaire, ayant été suivi d'autres dysfonctionnements.