Un ex-prisonnier en liberté conditionnelle, a tué deux personnes à coups de couteau à Londres. L’Etat Islamique revendique.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est engagé samedi à revoir le système des libérations anticipées, au lendemain d’une attaque revendiquée par les jihadistes de l’Etat islamique (EI) et menée par un ex-prisonnier condamné pour terrorisme, en liberté conditionnelle, qui a tué deux personnes à coups de couteau à Londres.

Ironie du sort, avant d’être abattu par la police, l’assaillant a lui-même été spectaculairement maîtrisé par des civils loués en "héros" qui comptaient plusieurs condamnés dont un meurtrier en permission, selon les médias. "Quand des gens sont condamnés à un certain nombre d’années en prison, ils devraient purger chaque année de cette condamnation", a déclaré M. Johnson après s’être rendu sur les lieux de l’attaque.

Qualifiée de "terroriste" par la police, celle-ci a fait deux morts (un homme et une femme) et trois blessés toujours hospitalisées samedi, a indiqué le chef de la police antiterroriste britannique, Neil Basu, à la presse.

Il n’a pas confirmé l’identité de l’homme décédé, nommé par les médias comme étant Jack Merritt, un membre de l’institut de criminologie de l’université de Cambridge qui organisait une conférence sur la réhabilitation des prisonniers dans le bâtiment où l’attaque a commencé vendredi dans le quartier très fréquenté de London Bridge. L’assaillant y participait. "Il ne fait aucun sens pour notre société de libérer de manière anticipée des personnes qui ont été condamnées pour des infractions terroristes, des crimes violents", a poursuivi Boris Johnson.

Le dirigeant conservateur, qui avait temporairement suspendu sa campagne après l’attaque survenue à moins de deux semaines des législatives du 12 décembre, a également plaidé pour des peines plus lourdes en cas d’infractions violentes.

L’Etat islamique a revendiqué samedi l’attaque, assurant que son auteur "fait partie des combattants de l’EI" et qu’il l’a commis "en réponse aux appels à cibler les habitants des pays de la coalition internationale" anti-jihadiste.

L’assaillant, de nationalité britannique et qui a agi seul selon la police, a été identifié comme Usman Khan, âgé de 28 ans, condamné en 2012 pour des infractions terroristes et remis en liberté conditionnelle six ans plus tard.

Il purgeait une peine de 16 ans de prison pour son appartenance à un groupe qui avait voulu commettre des attentats à la bombe.

Il a "poignardé plusieurs personnes à l’intérieur" du Fishmongers’ Hall, un bâtiment à l’extrémité nord du London Bridge où se tenait la conférence où des participants ont tenté de l’arrêter, a détaillé Neil Basu.

Porteur d’un engin explosif factice, il a été abattu par la police après avoir été maîtrisé sur le pont enjambant la Tamise par de simples citoyens salués en "héros" au Royaume-Uni, à l’endroit où un attentat meurtrier s’était déjà déroulé en 2017.

Sur des images diffusées par les réseaux sociaux et les médias, on voit l’un d’eux vider un extincteur sur Usman Khan tandis qu’un autre, qui serait un cuisinier polonais travaillant au Fishmongers’ Hall, pointe vers lui une défense de narval, probablement prise dans le bâtiment qui renferme de nombreux objets anciens.

Un autre intervenant, un policier en civil, sort de la mêlée après avoir pris le couteau de l’assaillant.

La reine Elizabeth II a salué "les individus courageux qui ont mis leur vie en danger pour aider (...) et protéger les autres".

Mais au-delà de ces actes de bravoure, la question sur toutes les lèvres samedi était de savoir pourquoi Usman Khan a bénéficié d’une libération anticipée et de quelle surveillance il faisait l’objet de la part des autorités.

De quoi alimenter le débat, l’agence PA affirmait samedi que presque tous les "héros" étaient des condamnés invités à la conférence, dont James Ford, condamné en 2004 à la perpétuité avec un minimum de 15 ans d’emprisonnement pour avoir égorgé une jeune femme.