La décision de la juge Rosa Weber affecte quatre décrets signés par Bolsonaro le 12 février, et doit à présent être analysée par la plénière de la haute cour à partir de vendredi, avec d'autres recours déposés par plusieurs partis et organisations contre la politique d'armement du président.

Il existe une "corrélation sans équivoque entre le fait de faciliter l'accès de la population aux armes à feu et le détournement de ces produits vers les organisations criminelles, les milices et les criminels en général, par le biais du vol ou du commerce clandestin, augmentant encore plus les taux généraux de crimes contre la propriété, de crimes violents et d'homicides", a expliqué la juge.

Elle a ainsi notamment suspendu des sections des textes faisant passer de quatre à six le nombre d'armes que peuvent acquérir les civils, autorisant le port simultané de deux armes à feu, au lieu d'une seule, ou permettant aux écoles de tir d'acheter un nombre illimité de munitions.

La possession et le port d'armes sont des sujets de grand intérêt pour le président Bolsonaro, ancien capitaine de l'armée arrivé au pouvoir en janvier 2019 avec un discours en faveur de l'autodéfense et une main de fer contre la criminalité, dans l'un des pays les plus violents du monde.

En plus de deux ans au pouvoir, M. Bolsonaro a signé plus de 30 actes réglementaires visant à assouplir l'accès des Brésiliens aux armes, dont plusieurs ont été bloqués par le Congrès.

Selon les données de l'Institut Igarapé, les 212 millions de Brésiliens sont en possession de 1,2 million d'armes, en hausse de 65% par rapport à fin 2018.