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La démission de la Première ministre britanique Theresa May ne change "rien" à la position des 27 sur l'accord conclu pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE, a affirmé vendredi la Commission européenne.

"Nous respecterons le nouveau Premier ministre mais rien ne changera sur la position adoptée par le Conseil européen pour l'accord de sortie", a déclaré la porte-parole adjointe de la Commission européenne Mina Andreeva.

"Le président, Jean-Claude Juncker, a appris l'annonce du Premier ministre et n'a éprouvé aucune joie. Il a apprécié de travailler avec Theresa May, qu'il respecte et considère comme une femme courageuse", a-t-elle précisé.

Theresa May a annoncé sa décision de démissionner de ses fonctions de cheffe du Parti conservateur -- et donc de cheffe du gouvernement-- le 7 juin, en exprimant "un profond regret de ne pas avoir été capable de mettre en oeuvre le Brexit".

Le candidat favori pour sa succession, l'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, a réagi à l'annonce de sa démission vendredi en affirmant qu'il était "temps de mettre en oeuvre le Brexit".

"Le président Juncker est prêt a établir des relations de travail avec le nouveau Premier ministre, qui qu'il soit, sans pour autant arrêter ses entetiens avec Theresa May", a assuré la porte-parole de la Commission.

L'accord de Brexit conclu entre Mme May et les 27 a été rejeté à trois reprises par la Chambre des communes.

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Charles Michel salue la détermination et la coopération de Theresa May

"En dépit de nos différences, Theresa May a fait preuve d'une grande ouverture pour résoudre le Brexit pour le Royaume-Uni et l'Union européenne. Je veux la remercier pour sa détermination et sa coopération", a réagi sur Twitter le Premier ministre Charles Michel, à l'annonce de la démission de la Première ministre britannique Theresa May. "Une sortie ordonnée reste le meilleur moyen de sauvegarder les intérêts de nos populations et de nos économies. Continuons sur cette voie !", a souligné Charles Michel.

Pour Madrid, un Brexit sans accord "quasi impossible à arrêter" après la démission de May

Un Brexit sans accord est "quasi impossible à arrêter" après la démission de la Première ministre conservatrice britannique, a estimé vendredi la porte-parole du gouvernement espagnol Isabel Celaa. "Un Brexit dur paraît dans ces circonstances une réalité quasi impossible à arrêter. Le gouvernement britannique, le parlement britannique sont les uniques responsables d'une sortie sans accord et de ses conséquences", a-t-elle déclaré à la presse.

"On peut s'attendre à un nouveau leader conservateur dur (...) à des temps difficiles", a-t-elle ajouté alors que l'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, champion des Brexiters, fait partie des favoris pour remplacer Theresa May.

"Les difficultés que nous traversons en raison de cette sortie désordonnée (de la Grande-Bretagne) sont un exemple clair de ce qui peut arriver si nous nous laissons emporter par les extrémismes", a encore dit Mme Celaa, en affirmant que l'Espagne était préparée à la perspective d'un Brexit sans accord.

"Nous devons faire face à cette situation, en renforçant l'Union, une Union européenne forte grâce aux accords et aux consensus et non une Union limitée par les extrémismes, les égoïsmes, les nationalismes", a poursuivi la porte-parole du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, en soulignant que les élections européennes qui ont lieu jusqu'a dimanche dans l'UE étaient "cruciales" à cet égard.

Macron salue son "travail courageux"

Emmanuel Macron a salué vendredi le "travail courageux" de Theresa May, et a appelé à "une clarification rapide" sur le Brexit, a indiqué l'Elysée. Le chef de l'Etat a estimé que cette décision "doit aussi rappeler, dans un moment de choix important, que les votes de rejet sans projet alternatif conduisent à une impasse", en faisant allusion aux élections européennes de dimanche et au Brexit.

Mme May "a mené un travail courageux pour la mise en oeuvre du Brexit dans l'intérêt de son pays et le respect de ses partenaires européens", souligne Emmanuel Macron, qui lui a adressé "un message personnel de soutien et de remerciement".

Pour l'Elysée, "il appartient au Royaume-Uni, suivant ses procédures, de désigner un nouveau Premier ministre. La France se tient prête à travailler avec le nouveau Premier ministre britannique sur l'ensemble des sujets européens et bilatéraux. Notre relation avec le Royaume-Uni est essentielle dans tous les domaines".

"Il est trop tôt pour spéculer sur les conséquences de cette décision. Les principes de l'Union européenne (UE) continueront à s'appliquer, notamment la priorité a préserver le bon fonctionnement de l'UE, ce qui nécessite une clarification rapide", a souhaité le chef de l'Etat.