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La Première ministre britannique Theresa May a donné mercredi des gages aux députés pour tenter de les convaincre d'adopter l'accord de sortie de l'UE, dont l'examen a repris dans l'après-midi avant un vote décisif la semaine prochaine. Elle a annoncé que, dans le cas où les discussions sur la future relation entre Londres et Bruxelles n'auraient pas abouti en décembre 2020, le Parlement voterait sur une éventuelle prolongation de la période de transition, ou sur la mise en place du dispositif du "filet de sécurité" (ou "backstop en anglais), qui prévoit la création d'un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni, avec un alignement plus poussé pour l'Irlande du Nord.

La proposition de Mme May a été vivement rejetée par le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, qui l'a qualifiée de "poudre aux yeux". "Les membres de cette assemblée veulent voir des changements juridiques clairs dans le document qui leur est présenté", a-t-il exigé au cours de la séance hebdomadaire de questions à la Première ministre.

Plus tôt dans la matinée, le gouvernement a présenté de nouvelles dispositions visant à offrir un "rôle important" au parlement nord-irlandais dans le cas où le "filet de sécurité" devait entrait en vigueur. L'exécutif cherche ainsi à convaincre son allié, le parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, de voter en faveur de l'accord.

Mais le député du DUP Nigel Dodds a qualifié ces mesures de "cosmétiques" et "insensées", soulignant que le traité de divorce "supplante toute disposition légale interne" au Royaume-Uni.

Face aux inquiétudes des députés, Theresa May a soutenu qu'elle obtiendrait des "assurances" et des "précisions" de la part de ses homologues européens sur le caractère "temporaire" du backstop, et ce "avant la fin du débat et le vote" sur le texte.

Même si Bruxelles martèle que l'heure n'est plus aux négociations, le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar a assuré qu'il y avait des "contacts étroits" pour savoir "si une série supplémentaire de garanties écrites, explications et assurances pourrait faire la différence".

Côté européen, certaines sources n'excluent pas un report de la date du Brexit, prévu le 29 mars, pour éviter un divorce sans accord.