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L'ampleur et la portée d'un Brexit sans accord ont été étudiées et expliquées dans un document confidentiel du Cabinet Office, un département chargé notamment d'épauler le Premier ministre dans ses réformes politiques. Il met en garde contre une "phase critique de trois mois" après avoir quitté l'UE au cours de laquelle l'ensemble de l'opération de planification pourrait être submergée, annonce The Guardian.

Ce document explique que chaque ministère devra gérer lui-même ses propres problèmes. Autrement, cela entrainerait l'échec de l'opération "Yellowhammer, qui est ce plan établi par les autorités pour limiter les effets négatifs d’un Brexit sans accord au niveau de la santé, de la sécurité et du bien-être des Britanniques.

"La structure s'effondrera rapidement si un trop grand nombre de décisions sont inutilement transmises aux échelons supérieurs alors qu'ils auraient raisonnablement pu être traités au sein de chaque ministère", stipule le document. Autrement, il y aura "des problèmes impossibles à prévoir, des impacts imprévus".

Le document comprend un organigramme d'une journée-type en cas de "no deal". Celle-ci commencerait à 7 heures du matin avec l'envoi de "rapports de situation" de tout le Royaume-Uni aux ministres et hauts fonctionnaires, et se poursuivrait avec des évaluations et des réunions non-stop jusqu'à 5h30 du matin le lendemain.

"Compte tenu des hypothèses de planification, il est supposé que les dispositions en matière de commandement, de contrôle et de coordination pourraient durer, au cours de la phase critique, pendant au moins 12 semaines et nécessiteraient de travailler 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour tous les ministères et agences concernés", peut-on lire. "Certains impacts peuvent être ressentis jusqu'à 24 semaines."

Une source bien informée de l'opération "Yellowhammer" signale au Guardian que, même si la planification s'est intensifiée, le tableau général reste "chaotique" et "sans gouvernail".

Ces anticipations mettent en lumière les préoccupations croissantes au sujet des perturbations qui pourraient être causées par un "no deal", avec des pénuries potentielles touchant les médicaments, les aliments frais, mais aussi le papier hygiénique.

Une douzaine de secteurs à très haut risque sont identifiés, parmi lesquels les transports, les services de la santé et l'alimentation.