Monde L’annonce en grande pompe est positive mais l’accord doit encore être approuvé.

"Là où il y a de la volonté, il y a un accord - nous en tenons un ! C’est un accord équilibré et juste pour le Royaume-Uni et l’UE. Il démontre notre engagement à trouver des solutions. Je recommande au Conseil européen de l’approuver."


Il suffisait d’un tweet de Jean-Claude Juncker pour enflammer la Toile ce jeudi. Après des mois de négociations, un accord est enfin tombé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, du moins un préaccord qui devra être approuvé par les différents parlements européens et britanniques. C’est surtout au niveau du Parlement britannique que cela risque de coincer. Par exemple, le coprésident des Verts au Parlement européen, Philippe Lamberts, ne croit pas que le Premier ministre britannique Boris Johnson réunira une majorité pour faire passer au Parlement britannique le nouvel accord de retrait conclu ce jeudi. "Contrairement à Theresa May, il n’a pas de majorité dès le départ", note M. Lamberts, membre du groupe de pilotage du Parlement européen sur le Brexit.

Les unionistes nord-irlandais du DUP ont déjà fait savoir qu’ils ne soutenaient pas l’accord et le parti de M. Johnson a expulsé lui-même vingt et un des siens il y a quelques semaines parce que ces rebelles s’opposaient à un "no-deal".

Il faudra donc encore attendre, mais on peut tout de même parler d’une bonne nouvelle.

La piste d’un Hard Brexit semble s’éloigner avec les pires scénarios qui vont avec. Mais quels sont les détails de cet accord ?

Dans les grandes lignes, le Royaume-Uni restera membre de l’union douanière européenne et du marché intérieur de l’Union européenne pendant la période de transition, c’est-à-dire au moins jusqu’à la fin de 2020 et au plus tard jusqu’à la fin de 2022.

Ce laps de temps sera mis à profit pour négocier un accord de libre-échange. Dans sa déclaration politique révisée sur les relations futures, l’UE promet un accord sans droits de douane ni quotas.

En contrepartie , Bruxelles exige des "garanties" de la part de Londres en vue de conditions de concurrence équitables. Le but est d’empêcher le Royaume-Uni de créer une sorte de "Singapour" aux portes de l’Union qui ne respecterait pas les normes de l’UE en matière sociale, fiscale et environnementale.

De leur côté, les organisations patronales sont satisfaites de l’annonce de cet accord.

Elles sont cependant conscientes que le texte doit encore être approuvé ce week-end par le Parlement britannique. "C’est une avancée importante. Si le Parlement britannique approuve cet accord, on peut enfin négocier sur le volet commercial. Nos entreprises ont besoin de clarté et de sécurité juridique", a commenté la Fédération des entreprises de Belgique.

Évidemment, il faudra faire preuve de prudence tant que l’accord n’est pas totalement ratifié, aux dirigeants politiques de faire preuve de bon sens dans l’intérêt des citoyens européens et britanniques.