Nouvelles révélations sur Trump. Dans un livre écrit par le journaliste Michael Bender du Wall Street Journal, dont CNN a obtenu des extraits, le chef d'État-Major des armées américaines Mark Milley a révélé les incroyables propos tenus par Donald Trump contre le mouvement Black Lives Matter.

Intitulé "Frankly, We Did Win This Election: The Inside Story of How Trump Lost," (Honnêtement, nous avons gagné cette élection : comment Trump a perdu, en français Ndlr), le général Mark Milley y raconte avoir dû s'opposer à plusieurs reprises à Donald Trump, qui voulait que l'armée réplique violemment aux protestations, lors de réunions houleuses dans le bureau ovale.
© AFP

Retour à l'été 2020. Donald Trump est président des États-Unis. Suite à la mort de George Floyd, le mouvement Black Lives Matter bat son plein. Les manifestations contre les violences policières s'enchaînent dans plusieurs villes américaines, se transformant souvent en affrontements entre la police et les participants. Ainsi, lors de réunions sur la question à la Maison blanche, Donald Trump s'est ravi de vidéos montrant la police s'en prendre aux manifestants, rapporte le militaire. "C'est comme ça que vous êtes censés gérer ces gens", aurait-il lancé aux responsables de l'armée et des forces de l'ordre. "Brisez-leur le crâne !"

Le président souhaitait que l'armée entre dans la foule et étouffe les militants. "Il suffit de leur tirer dessus", aurait aussi prononcé Trump plusieurs fois, d'après les extraits relatés par CNN. Mark Milley, ainsi que le procureur général de l'époque William Barr, se sont alors opposés à ces déclarations. "Eh bien, tirez-leur dans la jambe ou dans le pied", aurait alors rétorqué Trump, "Soyez durs avec eux".

Le livre illustre aussi les tensions qu'il y avait au sein du bureau lors des réunions. Lors de l'une d'elle, le conseiller principal de Donald Trump, Stephen Miller, aurait ainsi comparé le mouvement Black Lives Matter à des émeutes d'un pays du tiers-monde, soutenant que les grandes villes américaines s'étaient transformées en zones de guerre. Le chef d'Etat-Major, qui était souvent le seul à tenter de calmer le président, lui aurait alors répondu "Tais-toi, putain, Stephen !".

Durant cette période, le général Milley a aussi essayé de dissuader Donald Trump d'invoquer l'Insurrection Act, qui l'autorise à déployer l'armée sur le territoire pour mettre un terme à des troubles civils, à l'insurrection et à la rébellion, explique le militaire dans l'ouvrage du journaliste. Ce que le président n'a pas fait.

Milley considérait les troubles autour de la mort de George Floyd comme un problème politique et non militaire, et qu'il y avait suffisamment de réserves au sein de la Garde nationale pour soutenir les forces de l'ordre face aux manifestants. Autre anecdote écrite par Michael Bender, le général raconte qu'il aurait un jour pointé du doigt un portrait du président Lincoln accroché derrière Trump, en déclarant  : "Ce type a connu l'insurrection. Ce que nous avons, Monsieur le président, c'est une protestation".