Les Etats membres de l'UE ont demandé jeudi à la Commission européenne d'étudier la création d'un organe européen indépendant, chargé de lutter contre le blanchiment d'argent.

Dans des conclusions adoptées, les ministres des Finances européens invitent Bruxelles "à étudier (...) les avantages et les inconvénients de confier certaines responsabilités et certains pouvoirs pour superviser la lutte contre le blanchiment de capitaux à un organe de l'Union doté d'une structure indépendante" et de "pouvoirs directs".

Cette demande fait suite à une première discussion début octobre entre les Etats membres, à l'initiative de la France et des Pays-Bas, échaudés par plusieurs scandales de blanchiment.

Parmi eux, celui lié à Danske Bank, au coeur d'une affaire de blanchiment entre 2007 et 2015 d'environ 200 milliards d'euros à travers sa filiale estonienne, une affaire qui a aussi éclaboussé Deutsche Bank.

Les scandales liés à la maltaise Pilatus Bank et ses malversations financières révélées par Daphne Caruana Galizia, journaliste assassinée en octobre 2017, ou encore à la troisième banque de Lettonie, ABLV, accusée par Washington de blanchiment d'argent, ont également alimenté les inquiétudes.

"Il existe des différences de supervision en fonction des pays et cela crée des failles qui peuvent être exploitées pour financer des activités illégales", a fait valoir à l'AFP le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, qualifiant ces conclusions de "pas dans la bonne direction".