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"Indigne", "indécent", "irrespectueux": les avocats des parents de Vincent Lambert ont particulièrement choqué, après l'annonce de la reprise des traitements de ce tétraplégique en état végétatif.

Coup de théâtre lundi, dans l'affaire Vincent Lambert. La cour d'appel de Paris a ordonné le rétablissement des traitements de cet homme tétraplégique en état végétatif depuis dix ans, jusqu'à ce qu'un comité de l'ONU se prononce sur le fond de son dossier. Une décision qui va dans le sens de ses parents, opposés à l'arrêt des traitements, mais contre l'avis de sa femme et de son neveu, qui désirent mettre fin à "l'acharnement thérapeutique".

Les avocats des parents, Jérôme Triomphe et Jean Paillot, jubilaient à l'annonce de la décision. Ce dernier cachait difficilement sa satisfaction, qui frôlait l'euphorie. Au micro de BFMTV, il s'est ainsi complètement lâché, porté par une foule en délire. "C'est une grande victoire. Ce n'est pas la première des victoires, c'est la remontada!", s'est-il exclamé.


Un langage qui reprend les codes du football, renforcé au moment où les deux hommes ont été portés aux nues par des sympathisants. "On a gagné! On a gagné!", a ensuite crié la foule, alors que les deux avocats levaient les bras au ciel. Pour les non-footeux, le terme "remontada" évoque une victoire spectaculaire d'une équipe qui a remonté un handicap de plusieurs buts pour finalement l'emporter. Il s'est popularisé depuis le succès du FC Barcelone contre le PSG en mars 2017.


Jugées "indécentes", "irrespectueuses" ou "indignes, ces scènes de joie ont en tout cas particulièrement fait réagir, ce que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans le monde associatif. "Se réjouir et crier 'on a gagné' alors que l'on ne fait que rallonger les souffrances de Vincent Lambert... L'indécence. Pensées pour la femme de Vincent Lambert", a notamment écrit l'Association pour les droits de mourir dans la dignité (ADMD).

Confronté aux réactions ce mardi matin sur RMC par Jean-Jacques Bourdin, Jean Paillot a reconnu qu'il avait sans doute manque de prudence. "C'était dans l'enthousiasme, et du fait de ma culture footballistique... Ce n'était pas un mot adapté, je vous l'accorde", a-t-il avoué.