Il n'y a pas qu'en Belgique que les voyants sont au rouge. En France aussi, l'épidémie s'emballe, à tel point que Jean Castex va annoncer ce jeudi de nouvelles mesures en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, les deux régions les plus touchées. Une décision qui a été actée mercredi au cours d'un Conseil de défense "studieux, mais très froid".

Selon Le Figaro, Olivier Véran y aurait présenté plusieurs scénarios de confinement plus sévères qui ont été rejetés par les différents intervenants. Même si aucune annonce officielle n'a encore été faite, les membres du gouvernement semblent davantage séduits par l'idée d'un confinement qui n'aurait lieu que le week-end.

Au cours de ce même conseil de défense, Emmanuel Macron aurait également demandé des comptes à son ministre de la Santé. Selon Le Figaro, il se serait "agacé de la trop lente montée en charge hospitalière sur les lits de réanimation et sur l'absence quasi-totale de recours au secteur privé". Avant de se rendre dans un hôpital des Yvelines pour un état des lieux de la situation, le président aurait également demandé "avec instance" à Olivier Véran "des éléments plus précis sur les chiffres de l'épidémie" et l'aurait encouragé à "mettre les bouchées doubles concernant la vaccination". "C'était cinglant, car clairement le boulot n'a pas été fait", ont ensuite commenté des sources au sein de l'exécutif.

Même si ça y ressemble, dans l'entourage d'Olivier Véran, on se refuse à parler de "recadrage".

Pas le premier conflit

Ce n'est pas la première fois que la tension monte entre Olivier Véran et Emmanuel Macron. Régulièrement, les deux hommes se confrontent à cause de leurs visions différentes des choses. Alors qu'Olivier Véran est partisan d'une ligne plus dure, Emmanuel Macron, lui, souhaite à tout prix éviter un nouveau confinement strict.

Mais il n'y a pas que leur différence de point de vue qui est source de conflits. Toujours selon le journal français, en septembre dernier, le président aurait été très mécontent que son ministre se réjouisse du fait que la France était "le troisième meilleur élève d'Europe en matière de tests". A l'époque, les files devant les centres de tests étaient en effet légion. "Un million de tests par semaine, c'est bien beau, mais si les résultats des tests arrivent trop tard, cela ne sert à rien", aurait pesté le chef de l'Etat.