"Nous avons commencé nos fouilles par géo-radar le 2 juin 2021 et en date d'hier, nous avons repéré 751 tombes non marquées", a annoncé Cadmus Delorme lors d'une conférence de presse, après cette nouvelle découverte, la deuxième en moins d'un mois dans l'ouest du pays. "Ce n'est pas une fosse commune, ce sont des tombes non-identifiées", a-t-il ajouté, précisant que "certaines ont pu être identifiées par le passé mais "des représentants de l'Église catholique ont retiré les stèles", un geste criminel au Canada selon lui.

De son côté, le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan, Bobby Cameron, a dénoncé un "crime contre l'humanité, une agression contre les Premières nations". "Le seul crime qu'on ait jamais commis était d'être nés autochtones", a-t-il affirmé lors du même point presse, appelant le gouvernement et l'Église à coopérer. "Nous trouverons d'autres corps et nous ne nous arrêterons que lorsque nous aurons trouvé tous les enfants", a-t-il ajouté.

Les fouilles autour de cette ancienne école de Marieval avaient débuté fin mai après la découverte des restes de 215 écoliers enfouis sur le site d'un autre ancien pensionnat autochtone, celui de Kamloops, en Colombie-Britannique, province la plus à l'ouest du Canada.

Le site de la "Marieval Indian Residential School" se situe à 140 kilomètres à l'est de la ville de Regina, non loin de la frontière américaine. L'école est restée ouverte de 1899 à 1997, avant que la nation Cowessess ne reprenne le contrôle du cimetière des mains de l'école catholique dans les années 1970, selon CBC.

Cette nouvelle découverte survient quelques semaines après celle mettant à jour les restes de 215 enfants près d'un ancien pensionnat autochtone géré par l'Église catholique à Kamloops, dans la province de Colombie britannique à l'ouest du Canada.

Quelque 150.000 enfants amérindiens, métis et inuits ont été scolarisés de force jusque dans les années 1990 dans 139 pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture pour les assimiler à la culture lanche dominante. Nombre d'entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4.000 y ont trouvé la mort, selon une commission d'enquête qui avait conclu en 2015 à un véritable "génocide culturel" de la part du Canada.