L'agent Daniel Montsion était inculpé notamment d'homicide involontaire et d'agression sur Abdirahman Abdi, un réfugié originaire de Somalie âgé de 37 ans, arrivé au Canada en 2009 et souffrant de maladie mentale. Sa mort avait provoqué plusieurs manifestations de colère au Canada.

Le juge Robert Kelly a estimé que l'accusation n'avait pas démontré au-delà de tout doute raisonnable que les coups portés par l'agent Montsion lors de l'interpellation avaient provoqué la mort de la victime, décédée peu après à l'hôpital.

Les faits étaient survenus le 24 juillet 2016 après des plaintes de femmes victimes d'agression dans un café d'Ottawa. Abdirahman Abdi avait pris la fuite à l'arrivée de la police et Daniel Montson avait été appelé en renfort d'un collègue pour le pourchasser.

L'homme a été rattrapé au pied de son immeuble, où il a été frappé à coups de matraque et aspergé de gaz au poivre. Lorsque l'agent Montsion a rejoint son collègue, une bagarre a éclaté avec le réfugié qu'il a frappé à la tête à plusieurs reprises avec des gants d'assaut renforcés.

L'accusation avait dénoncé une violence excessive contre Abdirahaman Abdi, qui avait eu le nez cassé et des lésions cérébrales lors de son interpellation.

L'homme, qui souffrait de problèmes cardiaques, est mort à l'hôpital d'une crise cardiaque. La défense a mis en doute la thèse selon laquelle les coups portés lors de l'interpellation étaient à l'origine de cette crise cardiaque.

"La famille est anéantie par cette décision", a commenté à la presse l'avocat Lawrence Greenspon, qui mène également des poursuites au civil pour la famille de la victime. "Abdirahman Abdi venait d'un pays en guerre civile", a-t-il poursuivi. "Il est venu (au Canada) pour y chercher la liberté et la sécurité. Avant le 26 juillet 2016, il n'avait jamais eu la moindre égratignure."