Confirmé ce week-end par Le Figaro et Les Echos, l'arrêt des discussions a été prononcé jeudi dernier par le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard.

Les discussions ont duré cinq mois, selon l'entourage d'Auchan. "Jusqu'à jeudi soir, tout était sous contrôle dans le sens où tout le monde travaillait [...] et on en était à choisir la date de l'annonce", indique-t-on de même source, qui s'étonne: "Donc ils ont été touchés par la Vierge en une nuit, en se disant +mon Dieu ça fait cinq mois qu'on se fourvoie ?+".

Contactés, les distributeurs n'ont pas souhaité faire de commentaire.

Plusieurs projets auraient été avancés, l'un d'entre eux prévoyant une prise de contrôle de Carrefour par Auchan, à la suite d'une offre publique d'échange. Les débats se seraient concentrés autour du prix, qui aurait été proposé à 21,50 euros par action selon Les Echos, dont plus de 70% en numéraire et un peu moins de 30% en actions Auchan. Cette offre aurait valorisé Carrefour à 16,5 milliards d'euros, selon le quotidien économique.

Alexandre Bompard a rejeté l'offre en raison de la "difficulté à estimer la valeur des actifs d'un groupe familial non coté", indiquent Les Echos.

"N'importe qui pourrait contester la valeur de l'action", a justifié une source proche lundi.

Cette offre était supérieure à celle du groupe d'alimentation canadien Couche-Tard, qui avait proposé en janvier 20 euros par action. Ce projet avait été abandonné face à l'opposition du gouvernement français.

Début octobre, le président de l'Association familiale Mulliez (AFM), propriétaire d'Auchan, avait affirmé dans la Voix du Nord qu'il ne vendrait "jamais" son groupe de distribution, après un article du Monde évoquant les discussions avec Carrefour.

L'AFM est une galaxie familiale de plusieurs centaines de cousins à la tête de nombreuses autres enseignes, comme Boulanger ou Decathlon