Le nombre de personnes blessées lors de l'intervention musclée menée par la police espagnole à l'encontre des participants au référendum d'autodétermination a été revu à la hausse. Selon le ministère catalan de la Santé, 893 personnes ont dû être soignées. La plupart des personnes ont été blessées à Barcelone.

Le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catala, a assuré lundi que l'Etat ferait "tout ce que permet la loi" si les séparatistes catalans déclaraient unilatéralement l'indépendance après le référendum d'autodétermination interdit de dimanche.

"Si quelqu'un prétend déclarer l'indépendance d'une partie du territoire par rapport à l'Espagne (...), il faudra faire tout ce que permet la loi pour que ce ne soit pas ainsi", a-t-il déclaré à la télévision publique espagnole, en réponse au président Carles Puigdemont qui a ouvert la voie dimanche soir à une déclaration d'indépendance.


L'ONU appelle Madrid à enquêter sur "tous les actes de violence"

Le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein a exhorté lundi les autorités espagnoles à mener des enquêtes "impartiales" sur "tous les actes de violence" commis en Catalogne à l'occasion du référendum interdit de dimanche.

"Je suis très perturbé par la violence dimanche en Catalogne. (...) J'exhorte les autorités espagnoles à garantir des enquêtes complètes, indépendantes et impartiales sur tous les actes de violence", a déclaré le Haut Commissaire dans un message écrit.

"Les interventions policières doivent être en tout temps proportionnées et nécessaires", a-t-il ajouté.

"Je crois fermement que la situation actuelle devrait être résolue par le dialogue politique, dans le plein respect des libertés démocratiques", a-t-il relevé.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a affirmé dimanche que la consultation en Catalogne constituait une "véritable attaque contre l'Etat de droit (...) à laquelle l'Etat a réagi avec fermeté et sérénité".

"Nous avons rempli notre obligation, nous avons agi selon la loi et uniquement selon la loi", a-t-il dit.

Le président de l'exécutif catalan Carles Puigdemont a lui dénoncé la "violence injustifiée" dont a fait usage la police nationale à Barcelone pour disperser des manifestants qui voulaient voter lors un référendum d'autodétermination interdit par l'Etat espagnol.

Selon le gouvernement catalan, les charges policières ont amené 844 personnes à solliciter une assistance médicale. Quelque 90 personnes ont été blessées, dont deux grièvement.

Le ministère de l'Intérieur a de son côté annoncé qu'au moins 33 policiers avaient été blessés.

M. Zeid a par ailleurs demandé au gouvernement espagnol "d'accepter sans délai" la demande de visite envoyée la semaine dernière par la Rapporteuse spéciale sur le droit de réunion pacifique et d'association, Annalisa Ciampi.