Un homme, pratiquement seul, parvient à secouer la politique néerlandaise : Geert Wilders. Connu pour de nombreuses prises de position tranchées - à l’égard d’Israël qu’il soutient corps et âme, de "l’idéologie islamique" qu’il exècre ou même de la crise politique belge, pour laquelle sa solution était un rattachement de la Flandre aux Pays-Bas. Il vient de passer une autre étape dans sa course aux électeurs.

Laquelle ? Celle de muer, doucement, son PVV, le Parti de la liberté, du populisme à l’extrémisme. Sa manœuvre n’est ni neuve ni exclusive, pas davantage que ses méthodes, puisqu’il grappille petit à petit un électorat aux opinions très tranchées.

Ce qui ne plaît évidemment pas à l’extrême droite néerlandaise. Et inquiète le reste de la sphère politique, les partis traditionnels se sentant eux-mêmes mis au ban d’un faux débat.

Grand vainqueur des dernières élections européennes, lui-même député - il ne siège pas au Parlement, dont il demande l’abolition - Geert Wilders vient d’effectuer un volte-face. Jusque-là, l’homme et son parti naviguaient en eau trouble. Ni tout à fait à droite, ni tout à fait modéré, tout juste les mentions populiste et nationaliste suffisaient-elles à le définir.

Et les partis d’extrême droite étrangers - tels que le Vlaams Belang ou le FN français - qu’il courtise désormais semblent s’y retrouver. Pas en tout, certains leaders le cautionnent à "90 %", mais c’est assez. C’est trop en fait.

Car cette girouette idéologique déroute même les spécialistes. En sus de rendre schizophrènes des modérés qui tantôt applaudissent les succès du PVV, tantôt les maudissent. Une seule constance : l’inquiétude face à ce mouvement relativement récent et chaque fois plus fort, envers et contre tout.

Nombre d’observateurs se raccrochent toutefois à un mince espoir. En délaissant sensiblement ses principes et en se rapprochant, avec ses sabots populistes, de partis encore plus radicaux, Geert Wilders tirerait sur la corde. Au risque, peut-être, de déboussoler l’électorat même qui l’a construit ces dernières années.