Interrogé sur la radio publique 100,7, le ministre a dit regretter le manque d'informations parvenant aux citoyens russes sur cette guerre via les médias d'Etat de leur pays.

"Si le peuple russe voyait ce que Poutine fait en Ukraine, à quel point les Ukrainiens ont peur et combien de vies humaines il (le président russe) pourrait avoir sur la conscience, alors il renverserait le Kremlin", a enchaîné M. Asselborn.

Et d'ajouter: "C'est peut-être tout ce que l'on pourrait souhaiter, c'est que Poutine soit réellement physiquement éliminé (par un soulèvement) pour arrêter tout ça".

Contacté par l'AFP, Jean Asselborn a expliqué avoir "prononcé ces mots sous le coup de l'émotion", après avoir pris connaissance des destructions subies à Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine, où des frappes russes ont déjà tué plusieurs dizaines de civils.

Dans une seconde mise au point, par communiqué, le ministre a dit regretter le fait d'avoir parlé d'"éliminer physiquement" Vladimir Poutine.

"Ces deux mots m'ont échappé. Je sais qu'un ministre des Affaires étrangères ne devrait jamais utiliser de tels mots", s'est-il amendé. "C'était une erreur, mais aussi un exutoire" face à "la souffrance incommensurable de tant d'innocents" en Ukraine.

Le chef de la diplomatie du Grand-Duché, État fondateur de l'UE, s'est dit pessimiste sur les chances de régler ce conflit par la voie diplomatique, avec des négociations.

"Nous ne devons pas dire aux gens que, diplomatiquement, on va encore réussir à prendre le virage avec un Poutine comme président", a-t-il déclaré.

Mercredi, au septième jour de l'invasion de l'Ukraine lancée par Vladimir Poutine, des troupes aéroportées russes ont débarqué à Kharkiv, la deuxième ville du pays, cible de nouveaux bombardements. La capitale, Kiev, se préparait de son côté à un assaut des forces russes.

Les frappes sur Kiev et Kharkiv, qui ont déjà fait des dizaines de morts, ont suscité une vive émotion dans le monde, où manifestations anti-guerre et gestes de solidarité avec l'Ukraine se sont multipliés.