Alors que de nombreux pays européens procèdent à un déconfinement progressif, le Royaume-Uni envisage d'appuyer sur la pédale de frein. Comme l'ont souligné plusieurs experts de la santé, le pays se trouve actuellement dans une situation "périlleuse" , avec un nombre de contaminations en hausse. Les assouplissements prévus pour le 21 juin pourraient ainsi devoir être mis entre parenthèses pour faire face à ce que certains ont déjà qualifié de "troisième vague" . L'ancien conseiller scientifique en chef du gouvernement Mark Walport n'a également pas exclu que le Royaume-Uni doive faire face à un important rebond épidémique, estimant qu'il "ne restait plus qu'à croiser les doigts pour que les mesures fonctionnent". 

Trois facteurs qui expliquent la hausse des contaminations  

Le scientifique a identifié, sur la BBC, trois facteurs qui expliqueraient cette soudaine hausse des infections. "Tout d'abord, nous avons une nouvelle variante plus transmissible (le variant indien qui représente environ 75% des cas identifiés dans le pays, ndlr.), cela ne fait aucun doute, même si nous ne savons pas encore à quel point elle est plus transmissible", a détaillé Mark Walport. "Ensuite, il y a eu un changement dans le comportement de la population suite à l'assouplissement des mesures le 17 mai, et nous commençons à peine à en ressentir les effets. Enfin, nous avons une campagne de vaccination qui est très efficace, mais avec beaucoup de gens qui doivent encore recevoir la deuxième dose du vaccin et même la première dose."

Un autre expert, Adam Finn, chargé de conseiller les autorités britanniques pour la vaccination, a quant à lui mis particulièrement en garde quant au variant indien. "C'est un virus différent, cela pourrait être un vrai problème et ce n'est qu'en le prenant au sérieux maintenant que nous arriverons à atteindre nos objectifs", a-t-il alerté. C'est pourquoi, comme de nombreux experts, il a plaidé pour que la vaccination s'accélère afin que toute la population ait un niveau d'immunité suffisant et pas seulement certains groupes.

Tout de même de bonnes nouvelles

Mark Walport a tout de même tenu à souligner qu'il y avait du positif dans l'évolution de la situation épidémiologique. "Le nombre d'admissions à l'hôpital n'augmente pas. Au contraire, dans l'ensemble, ce nombre diminue, bien que dans certaines parties du pays où le variant B.1.617 atteint son niveau le plus important, les hospitalisations augmentent légèrement. C'est donc vraiment très, très finement équilibré", a-t-il poursuivi sur la BBC.

Selon lui, cela s'expliquerait par l' avancement de la campagne de vaccination . Actuellement, 38,3% de la population du Royaume-Uni est entièrement vaccinée tandis 59,1% a reçu sa première dose.